Nigeria : quand Boko Haram se sert des lycéennes comme monnaie d’échange

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Après la diffusion d’une nouvelle vidéo de Boko Haram montrant des jeunes femmes présentées comme les lycéennes enlevées, Abuja a fermement rejeté la proposition d’un échange entre les adolescentes et des membres du groupe armé emprisonnés.

Dans une nouvelle vidéo diffusée lundi, Abubakar Skekau, le chef de Boko Haram, y montre des jeunes femmes qu’il présente comme étant les lycéennes enlevées. Il annonce qu’il libérera ses otages si le gouvernement libère en échange les membres de songroupe emprisonnés.

« Nous ne les libérerons qu’après que vous ayez libéré nos frères », a dit le chef de Boko Haram. Mais ce « marché » concerne seulement les femmes qui n’ont pas voulu se convertir à l’islam, celles qui ont accepté sont désormais considérées comme étant « des soeurs ».

On peut voir dans la vidéo une centaine de jeunes filles voilées, en train de prier. Abubakar Skekau prétend les avoir déjà libérées. « Ces filles dont vous vous préoccupez tant, nous les avons en fait libérées, et vous savez comment on les a libérées ? Ces filles sont devenues musulmanes ».

Le gouvernement nigérian ne cédera pas au chantage

Trois d’entre elles sont interrogées : deux disent qu’elles étaient chrétiennes et se sont converties à l’islam, alors que la troisième déclare qu’elle était déjà musulmane. Cependant, à aucun moment le leader du groupe islamiste apparaît en compagnie des jeunes filles, et l’enregistrement n’a pas été officiellement certifié.

Le gouvernement nigérian, par l’intermédiaire de son ministère de l’Intérieur, a fermement rejeté la proposition d’un échange, entre les adolescentes et des membres emprisonnés du groupe armé. « Ce n’est pas à Boko Haram et aux insurgés de poser leurs conditions », a résumé un responsable.

L’enlèvement perpétré par Boko Haram a créé une mobilisation mondiale, déclenchant notamment la campagne « Bring back our girls ».
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Mobilisation mondiale

Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France ont envoyé des experts au Nigeria, aux côtés des forces de sécurité locales, pour les aider dans la recherche des jeunes filles. La Chine, vendredi, et Israël, dimanche, ont à leur tour proposé leur aide.

François Hollande a proposé, dimanche, un sommet sur la sécurité au Nigeria à Paris, et qui devrait rassembler au moins cinq pays africains : le Nigeria, le Tchad, le Cameroun, le Niger et le Bénin. Le Président français a également convié les Américains et les Britanniques à y participer, rapporte Le Monde.

Marche de femmes

Mardi à 9 heures une «  marche de femmes » a eu lieu sur le parvis des droits de l’Hommes, au Trocadéro, à Paris. Plusieurs femmes célèbres, ainsi que des anonymes se sont rassemblées à l’initiative de Yamina Benguigui. La présence des deux anciennes Premières dames, Carla Bruni et Valérie Trierweiler, a aussi été notée.