A Cannes, le charme trop discret du cinéma africain

Malgré l’absence de films africains en compétition officielle, on trouve dans des sections parallèles – Un certain regard, la Quinzaine des Réalisateurs – des longs et des courts métrages qui mettent en lumière la diversité des oeuvres d’origine africaine et leur joyeux métissage.

Le cinéma africain est plutôt discret cette année sur la Croisette, alors que le festival de Cannes bat son plein. Pas de film en compétition officielle, pas de membre du jury africain, pas de célébrité du continent. On voit toutefois quelques oeuvres émerger. Elles ont misé sur la qualité et non sur la quantité, mais on regrette qu’elles soient uniquement maghrébines.

Loin du snobisme cannois, la réalisatrice tunisienne Moufida Tlatli vient présenter son dernier long-métrage dans la catégorie  » Un certain regard « . Dans La saison des hommes, la réalisatrice développe des thèmes qui lui sont chers comme la cohabitation difficile de la tradition et de la modernité dans la société tunisienne, et filme avec tendresse et lucidité un  » clan  » de femmes qui n’est pas sans rappeler celui des Silences du palais de 1993. Ce film magnifique, avec Halfaouine, l’enfant des terrasses, en fait l’une des cinéastes majeures de sa génération.

A la Quinzaine des Réalisateurs, deux courts-métrages sont à voir : Le Mur de Fouazi Bensaïdi, un Marocain de Meknès de 33 ans. Et Salam, le premier film en tant que réalisatrice de Souad El-bouhati.

Le seul long-métrage de la Quinzaine consacré à l’Afrique est Lumumba, dans lequel Raoul Peck et Pascal Bonitzer font défiler la vie mouvementée du héros de l’indépendance congolaise.

Un deuxième documentaire retient l’attention, dans le cadre de la Semaine de la Critique : Nouvel Ordre Mondial… quelque part en Afrique de Philippe Diaz qui dénonce la souffrance de la population sierra-léonaise. Le film est présenté par Action contre la faim, qui espère ainsi faire prendre conscience de sa lutte quotidienne contre la faim dans le monde.

Notons également une réalisation américaine de Hugh Hudson I dreamed of Africa (Je rêvais de l’Afrique) qui réunit au Kenya Kim Basinger et l’acteur français Vincent Perez.