25 banques nigérianes interdites d’échange de devises

25 banques du Nigeria sont interdites d’accès au marché des devises pendant deux semaines. La Banque Centrale du Nigeria sanctionne les attitudes frauduleuses de ces banques.

La Banque Centrale du Nigeriadénonce les pratiques frauduleuses des agents de change de 25 banques. Elle interdit désormais à ces banques d’effectuer des transactions de devises au marché d’échange interbancaire (IEFM), supervisé par la banque centrale. Les clients de ces établissements, des importateurs pour la plupart, n’ont pas la possibilité d’acheter des monnaies étrangères pendant deux semaines.

 » Au Nigeria, les banques ont l’habitude de tricher sur les cours du dollar, les taux d’intérêt et d’écouler les devises au marché noir « , explique un banquier africain. Le cours des devises au marché noir est plus important que celui du taux officiel. A la fermeture des cours, mercredi dernier, le dollar valait 110 nairas à la Banque Centrale et 132 au marché noir. C’est cette marge de 22 nairas qui met l’économie locale en ébullition

Pour une poignée de dollars

Les autorités nigérianesentendent mettre fin à  » l’économie grise  » en rapprochant le taux officiel de celui du marché parallèle.  » Mon gouvernement va prendre des mesures pour combler l’écart entre les taux du marché officiel et du marché noir pour réfréner la tendance « , a déclaré le président Olusegun Obasanjo.

Ce n’est pas la première fois que le Nigeria est confronté à ce problème. En 1999, la Banque Centrale avait fait la même opération mais les transactions illégales ont continué. Une poignée de banques ont déjà été suspendues, principalement pour avoir falsifié des documents au nom de leurs clients et pour avoir détourné des devises achetées dans le système officiel.

Le problème auquel se heurte la banque centrale est d’ordre éthique.  » La suspension des banques n’aura pas d’impact significatif sur le naira car beaucoup de clients des banques impliquées changeront d’établissements pour poursuivre ce commerce illégal  » explique un agent de change de Citibank. La sanction, symboliquement forte, sera-t-elle sans portée réelle sur le marché noir des devises?