12e Sommet de l’UA : le développement des infrastructures en Afrique au coeur du débat

Le 12è sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine (UA) s’ouvre à partir de ce dimanche à Addis-Abeba, en Ethiopie. Au centre des discussions, le développement des infrastructures en Afrique. Les crises au Zimbabwe et au Darfour et l’épineuse question de la création des Etats-Unis d’Afrique seront également abordées. Les chefs d’Etat et de gouvernement devront aussi choisir le successeur du tanzanien Jakaya Mrisho Kikwete à la tête de l’organisation pendant les douze prochains mois.

Dès dimanche, un sujet sensible sera à l’ordre du jour du douzième sommet des chefs d’Etats et de gouvernement de l’Union africaine : les Etats-Unis d’Afrique, un thème cher au guide de la révolution libyenne, le colonel Kadhafi. Les chefs d’Etats et de gouvernements devront se mettre d’accord sur les conditions de sa réalisation et le délai de sa mise en place. Un débat houleux entre adeptes et opposants de ce projet, vieux de deux ans, est envisageable. Un haut responsable de l’Union africaine interrogé par RFI, affirme que « le rapport de forces n’a pas évolué ». Le camp des adversaires du guide libyen, également candidat à la prochaine présidence annuelle de l’UA, est essentiellement constitué des pays d’Afrique australe et orientale. Yoweri Museweni, le président ougandais et le premier ministre éthiopien, Meles Zenawi, ont souvent rejeté ouvertement les projets du guide libyen.

Mais le principal thème de débat de cette rencontre devrait rester le développement des infrastructures sur le continent. Un accent particulier sera mis sur les transports et l’énergie. « L’Afrique doit rapidement intégrer ses infrastructures pour accélérer le développement économique et social », a estimé, mercredi, M. Elham M.A. Ibrahim, le Commissaire de l’Union africaine pour les infrastructures et l’énergie. Il s’exprimait à l’occasion de la journée porte ouverte de l’UA sur les infrastructures qui se tenait alors dans la capitale éthiopienne. M. Ibrahim a dénoncé le niveau actuel du développement des infrastructures en Afrique, qui pour lui est loin de permettre au continent d’atteindre ses objectifs du millénaire en matière de développement socio-économique et de réduction de la pauvreté.

L’UA contre une poursuite d’el-Béchir devant la CPI

Avant les chefs d’Etat et de gouvernement, les ministres des Affaires étrangères des 53 pays de l’organisation panafricaine ont discuté, jeudi, lors d’un conseil des ministres des l’UA, de la crise au Zimbabwe. Ils avaient souhaité qu’un accord entre le président Mugabe et le chef de l’opposition, Morgan Tsvangirai, soit formellement signé le plus rapidement. Vendredi, le leader de l’opposition Morgan Tsvangirai a accepté d’être le Premier ministre d’un gouvernement d’union nationale. Il devra entrer en fonction le 13 février prochain. Le vieux Mugabe, fera, sans doute, à ses homologues, un point sur la situation dans son pays doublement frappé par une grave épidemie de choléra et une crise économique se traduisant par une inflation estimée à des millions de pour cent.

Autre sujet au menu de ce douzième sommet des chefs d’Etats et de gouvernement de l’UA, la situation au Soudan et notamment au Darfour. « Le continent, à travers l’Union africaine (UA), a demandé au Conseil de sécurité de l’ONU de suspendre l’accusation du président Omar el-Bechir », avait déclaré, Jean Ping, président de la Commission de l’UA à IPS. Selon l’UA, l’acharnement du procureur de la CPI contre le président El Béchir ne fera qu’aggraver la situation dans la province occidentale du Soudan, rapporte la Radio France internationale. Les troupes de l’Union africaine et de l’Onu déployé dans la région peinent à remplir leur mission en raison du manque d’effectifs et de moyens logistiques.

Seront absentes de cette rencontre d’Addis-Abeba, la Mauritanie et la Guinée. Mohamed Ould Abdel Aziz et Moussa Dadis Camara, respectivement à la tête des deux pays après des coups d’Etat, ont été écartés du sommet de l’Union africaine. Leurs sièges resteront vacants « aussi longtemps que l’ordre constitutionnel ne sera pas rétabli dans ces pays », a déclaré le président du Conseil exécutif de l’Union africaine (UA), Bernard Membe. D’après ce dernier, « il n’y a pas de bon coup d’Etat », une allusion au soutien du président sénégalais, Abdoulaye Wade, à la junte guinéenne, qualifiant leur putsch du 23 décembre dernier de « bon coup d’Etat ».
Le douzième sommet des chefs d’Etat et de gouvernement s’achèvera le mardi 3 février.