28 juillet 2014 / Mis à jour à 23:38 - Paris  Newsletter  Alertes e-mail  English edition  Flux
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Vers une disparition de la dot ?
Le gouvernement kényan vient d’accepter une proposition de loi visant à supprimer la dot. Le texte doit passer devant le Parlement avant d’être adopté, mais il suscite déjà de nombreuses réactions dans le pays.

C’est une tâche colossale qui attend le gouvernement Kényan, celle de convaincre les députés d’adopter sa proposition de loi. Le texte a pour ambition de donner aux femmes et aux enfants une protection légale, dans un pays où la tradition et la religion occupent une place centrale.

Parmi les dispositions du projet de loi, figure notamment le "come-we-stay" qui doit permettre aux mamans de réclamer plus facilement une pension alimentaire aux pères en cas de séparation. Après six mois de vie commune, un homme et une femme vivant en situation maritale seront ainsi considérés comme mariés et solidairement responsables de leurs enfants. Par ailleurs, le gouvernement envisage également de mettre fin à la polygamie et d’octroyer aux femmes des droits et responsabilités concernant l’héritage et la succession.

Un projet de loi ambitieux dont la mesure la plus symbolique est sans doute la suppression de la dot, une tradition encore très présente, pratiquée par la majorité des 40 ethnies du pays. Les familles kényanes réclament très fréquemment des biens ou une somme d’argent conséquente au fiancé pour pouvoir épouser « leur fille », un passage souvent indispensable pour sceller l’union des époux. Le droit coutumier stipule même que le mariage n’est pas reconnu tant que la dot n’a pas été payée.

Le gouvernement propose donc de mettre fin à cette coutume, estimant qu’elle nuit à l’image de la femme. Mais la mesure est loin de faire l’unanimité, une partie de la population kényane, attachée à la tradition, estime que ces changements vont à l’encontre des valeurs traditionnelles et religieuses du pays. Le gouvernement devra beaucoup travailler s’il veut parvenir à faire passer le texte auprès de parlementaires constitués à 90 % d’hommes, dont l’éducation a pour la grande majorité d’entre eux baignée dans la tradition.


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