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Trafic d’Ivoire : la Tanzanie et le Mozambique épinglés
Elephants de savane, au Kenya (DR)

Des chercheurs américains ont découvert que près de 70 % des stocks d’ivoire de contrebande saisis provenaient de deux régions d’Afrique. Basé sur des recherches ADN, les résultats de cette étude pourraient permettre d’accroître l’efficacité de la lutte contre le braconnage.

Le braconnage des éléphants d’Afrique se concentre principalement dans deux régions du continent, dans le sud-est de la Tanzanie et dans le nord du Mozambique. L’annonce a été faite jeudi par des chercheurs de l’université de Washington et des chercheurs d’Interpol qui ont publié jeudi une nouvelle étude dans la revue Science. Elle est basée sur des prélèvements ADN qui ont permis d’établir une nouvelle cartographie de la provenance de l’ivoire de contrebande.

Des zones de braconnage mouvantes

« En analysant ces saisies, nous avons été très très surpris de découvrir que sur la dernière décennie presque toutes les saisies provenaient de deux endroits d’Afrique seulement », a déclaré le directeur de recherches de l’université de Washington, Samuel Wasser.

La Tanzanie aussi fait office de mauvaise élève. Depuis 2006, 85 % des défenses d’éléphant de savane découverts sont en provenance de la réserve de Selous dans le sud-est de la Tanzanie et Niassa, au nord du Mozambique. A partir de 2011, la principal zone de braconnage de ces éléphants tendait à se déplacer dans le nord de la Tanzanie, vers le centre du pays, notamment dans le parc national de Ruaha et la réserve de Rungwa, se rapprochant du Kenya.

Les défenses d’éléphantS de forêt proviennent à 85 % de la zone protégé de Tridom en Afrique centrale, entre le Gabon, la République du Congo et la Centrafrique.

Près de 50 000 éléphants d’Afrique tués chaque année

Cette localisation du trafic d’ivoire devrait permettre d’entreprendre une nouvelle stratégie dans la lutte contre le trafic d’ivoire, a indiqué Samuel Wasser. Les chercheurs ont d’abord utilisé des déjections, des tissus et des poils d’éléphant collectés afin d’établir une cartographie génétique des différentes populations d’éléphants. Ils ont ensuite analysé les stocks d’ivoire de 28 des plus grandes saisies, dépassant à chaque fois une tonne, effectuées entre 1996 et 2014.

Près de 50 000 éléphants sont tués chaque année en Afrique, soit 10 %, d’une population totale de 500 000. Au mozambique par exemple, en seulement cinq ans, le nombre d’éléphants a été divisé par deux.



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