samedi 19 avril
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Slow food : « Les africains doivent consommer africain »


La Fondation Slow Food basée à Bra en Italie appelle les africains à consommer leurs produits locaux afin de retrouver et conserver leur véritable identité et conquérir leur souveraineté perdue.


Carlo Petrini
Carlo Petrini

Le constat fait par la fondation slow food dont le siège est en Italie avec des représentations dans une trentaine de pays africains est clair. « Les africains délaissent leur propre gastronomie pourtant très riche au profit de la gastronomie européenne ou étrangère ». Or à en croire Carlo Petrini, président international et fondateur de Slow Food, « la colonisation aujourd’hui passe par la gastronomie et il est temps d’y mettre fin en sensibilisant les africains à consommer africains », soutient-il au cours d’un échange avec des journalistes africains au siège de la fondation en Italie.

Pour le président de cette organisation qui a engagé un projet visant à créer 1000 jardins maraichers dans de nombreux pays africains, dont plus de la moitié sont opérationnels, la souveraineté d’un peuple ou d’un pays passe par la souveraineté alimentaire. « Les africains ne connaîtront pas de souveraineté alimentaire tant qu’ils ne consommeront pas les mets africains et ne respecteront pas les producteurs locaux », pense Carlo Petrini.

Exode rural et Ogm

La fondation Slow food regrette la percée de l’exode rural qui fait fuir de nombreux jeunes des campagnes pour les villes. Or en ville, il n’y’a pas de terres à cultiver. « On ne consomme pas l’ordinateur, mais la nourriture. Nous devons aider les jeunes africains à s’intéresser à l’agriculture et leur en donner les moyens », invite Carlo Petrini.
Il regrette par ailleurs que les organismes génétiquement modifiés soient introduits subrepticement en Afrique. Ceux-ci comportent des conséquences fâcheuses qui ne sont pas maîtrisées par les africains. « Nous sommes contre les Ogm parce qu’ils consomment beaucoup d’eau et leurs effets sur la santé de l’homme n’ont pas encore été prouvés. Bien plus, ils sont produits par des multinationales à qui il faudra toujours payer des royalties », dénonce le président de Slow food.

Cette fondation qui ne manque pas l’occasion d’appeler les africains à dénoncer les Ogm soutient par ailleurs que les européens manque de respect à l’Afrique en tentant d’y introduire des cultures pourtant interdites en Europe. Carlo Petrini fait remarquer que l’introduction des Ogm en Afrique va contribuer à la perte de la biodiversité chère à l’Afrique du fait de ce type d’agriculture qui est généralement intensive. « Nous devons amener les jeunes africains à le savoir et les journalistes doivent s’approprier ce combat, en plus du combat de la décolonisation de la gastronomie africaine », interpelle Slow.food. Cette fondation a financé la production des guides et des livres de cuisine pour mets africains en fonction des pays et accompagne des africains dans la création de restaurants spécialisés en mets africains.

Slow Food est une organisation mondiale fondé en 1989 avec plus de 100 000 adhérents dans plus de 150 pays à travers le monde. Les différents membres sont mus par la volonté d’établir un lien entre le plaisir de la bonne nourriture avec un engagement envers leur communauté et l’environnement. Organisation à but non lucratif, Slow food a l’ambition de contrer la montée de la restauration rapide connu sous le nom de Fast food qui contribue à la disparition des traditions gastronomiques. Elle milite pour la prise en compte des choix alimentaires des différentes communautés et la manière dont ceux-ci affectent le reste du monde.



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