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Serge Lazarevic : une barbouze ?
L’ex-otage Serge Lazarevic, de retour en France (DR)

Alors que la libération de l’ex-otage Serge Lazarevic est encore sur les toutes les lèvres, les raisons de sa présence au nord-est de Mopti, au moment de son enlèvement, restent obscures.

L’otage Franco-Serbe Serge Lazarevic, dont la libération a été annoncée le 9 décembre 2014, avait été enlevé le 24 novembre 2011, dans un hôtel de Hombori, au nord-est de Mopti, avec son collègue, Philippe Verdon, retrouvé assassiné en juillet 2013. La version des deux acolytes qui se présentaient comme des « géologues » fait débat.

Un parcours sulfureux

Officiellement, à l’époque de leur enlèvement, en 2011, ils travaillaient pour une entreprise malienne, Mandé construction immobilière, dirigée par l’homme d’affaires Djibril Camara. Le parcours des deux hommes remet cependant en cause cette version des faits.

Serge Lazarevic a travaillé dans les secteurs du bâtiment et de la sécurité, en France. Au moment des faits, il se trouvait dans une zone particulièrement déstabilisée par le retour au Mali de touaregs de Libye, après la chute de Mouammar Kadhafi. « Quand on a appris la capture de Serge Lazarevic au Mali, on s’est tous dit que c’était un espion », avait déclaré un homme qui l’a rencontré sur des chantiers de construction, rapporte Libération. Ce « colosse », d’après ses proches, est né en 1963, à Belgrade, en Serbie, avant d’être naturalisé français. Il a été confondu pendant un moment avec un mercenaire Serbe, actif sous le régime de Mobutu.

Philippe Verdon, un proche de Bob Denard

Philippe Verdon, proche du mercenaire de la "Françafrique" Bob Denard, avait, lui, effectué déjà plusieurs séjours en Afrique. Le trafiquant d’armes à la retraite l’avait décrit comme «  un homme qui fait des affaires, pas un soldat  », selon l’Humanité. Il avait été fait prisonnier au Soudan, en 1991, et avait été arrêté, en 2003, aux Comores, avec un opposant soupçonné d’organiser un coup d’Etat. Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), qui le détenait, a toujours affirmé détenir un « espion », version démentie par les autorités françaises.

Le père de Philippe Verdon, Jean-Pierre Verdon, avait, lui aussi, contredit ces accusations : «  C’est absurde et farfelu. Nous avons rendu publiques des pièces matérielles prouvant la réalité de la mission qui les a conduits à Hombori, où se rendaient encore, à l’époque, des touristes  ».

Une chose est sûre, Serge Lazarevic et Philippe Verdon se trouvaient dans un zone stratégique au moment des faits, en novembre 2011. Alors que les milices djihadistes se développaient au nord du Mali, renforcées par l’afflux des armes venant de la Libye, les services français s’étaient vus reprocher, côté malien, leur stratégie de pousser les indépendantistes touaregs vers un affrontement avec les premiers.



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