Oum, la dune mélodieuse du Sahara


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Oum (© Fouâd Harit)

Oum El Ghait Benessahraoui, alias Oum, est une célèbre artiste marocaine. Née le 18 avril 1978, Oum se lance très tôt dans la musique, à l’âge de 14 ans. Elle intègre un groupe Gospel. Ce sont ses premiers solos. On découvre alors une voix impressionnante. Son premier titre, « Tel est ton cœur », écrit en soutien à une opération caritative, la propulse aux devants de la scène. Agée tout juste de 17 ans, elle fait ses premiers pas à la télévision mais ne lâche pas de vue ses études à Rabat, où elle suit une école d’architecture.

(De notre envoyé spécial)

Sans complexe, Oum mélange avec argutie la culture hip-hop, Jazz, Blues ou encore Soul, à un univers hassani et gnaoui. Les sons et la voix qui s’échappent de ce mariage sonore fascinent. L’année 2009 est marquée par la sortie de son premier album : Lik’Oum. Une galaxie intimiste au confluent des genres. Ce disque résulte d’une rencontre avec Kermit, un compositeur et arrangeur italien, lors d’un concert en Italie. Oum écrit, Kermit compose, et Lik’Oum devient alors le fruit de onze titres aux sonorités éclectiques, mêlant soul, hip hop, jazz et disco. La sortie de son nouvel opus, Soul of Morocco, est prévue le 12 février, en France. Un best of de ses chansons reprises avec une nouvelle formation plus acoustique et davantage jazzi.

Nous sommes allés à la rencontre de la chanteuse à M’Hamid El Ghizlane, dans le Sahara, au sud du Maroc, à l’occasion du festival Taragalte qui s’est déroulé du 9 au 11 novembre 2012.

Afrik.com : Qui est Oum ?

Oum :
Je suis une jeune femme marocaine, soucieuse de suivre les tendances urbaines et très authentique. Je tiens vraiment à l’âme de mon pays. Dans ma vie personnelle, j’essaie de transmettre plusieurs messages à mon fils afin que les choses ne se perdent pas. Je suis universelle.

Afrik.com : Vos influences musicales sont une autoroute de styles…

Oum :
C’est vrai. Au Maroc on a eu beaucoup de musique noire et blanche. Dans les années 90, j’ai eu ma période ado avec la culture hip-hop, le son américain et le R&B. Mais je ne savais toujours pas que j’allais faire de la musique mon métier, car à ce moment-là c’était important pour moi de faire de longues études. Mais tout s’est fait naturellement. J’ai commencé à m’intéresser aux musiques d’Afrique et du terroir. Et j’ai accroché avec le répertoire gnaoui que j’ai mélangé au blues.

Afrik.com : Et au jazz aussi ?

Oum :
Oui, je m’intéresse de plus en plus au Jazz, qui est une grande école. Mais en fait je ne veux plus faire des morceaux basiques et me conforter aux règles musicales. J’ai eu la chance de rencontrer des musiciens avec lesquels je travaille aujourd’hui et avec lesquels je suis dans un processus d’apprentissage.

Oum (© Fouâd Harit)

Afrik.com : Vous avez participé au Festival Taragalte à M’Hamid El Ghizlane, au Maroc, dont la quatrième édition vient de s’achever. Que représente pour vous cet évènement ?

Oum :
Taragalte est un point d’arrivée et de départ. J’ai des origines sahraouies par mon père et j’ai eu envie de me rapprocher de la culture hassani. L’envie de découvrir des poètes et toutes ces femmes artistes m’ont encouragé à m’y rendre. Et de tous les Sahara que j’ai visité au Maroc, c’est avec celui-ci que j’ai eu une belle histoire. C’est là-bas que j’ai rencontré Halim Sbaï (l’organisateur du festival, ndlr). Il m’avait parlé de ce festival. J’ai d’ailleurs écris une chanson spéciale pour Taragalte. C’est un festival unique dédié à la musique et à la carte poste de la ville. Un évènement engagé dans l’écologie et la culture. Les Marocains doivent le découvrir ! J’ai profité de l’occasion pour présenter en avant-première mon tout nouvel album : Soul of Morroco.

Afrik.com : Est ce plus difficile d’être à la fois une femme et une artiste au Maroc ?

Oum :
Etre une femme n’est pas une difficulté. Mais être artiste au Maroc est autant compliqué pour les femmes que pour les hommes. Il y a toujours ce problème de droits d’auteur. Plusieurs radios et télévisions ne reversent pas les sommes relatives aux droits d’auteur. J’ai tout de même lâché six ans d’études d’architecture pour me consacrer entièrement à ma passion.

Afrik.com : Votre manière de vous habiller est originale…

Oum :
Ma façon de m’habiller représente la diversité. C’est un mélange entre modernité et tradition. Je mêle un style urbain au style sahraoui.

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