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Le Fadev, une plateforme d’investissements solidaire à destination de l’Afrique
CUBA LIBRE - Congo : Production et vente sur le marché local de jus de fruits et de confitures (gingembre, papaye, mangue…) | DR

Une nouvelle plateforme de microcrédit solidaire verra le jour lundi 28 avril : Fadev.fr. Ce site de "crowdfunding", crée, entre autres, par Johann Fourgeaud, est à destination de « l’investissement solidaire en Afrique », ce qui en fait sa particularité.

Johann Fourgeaud, 31 ans, est l’un des initiateurs du tout premier site de "crowdfunding" tourné entièrement vers l’Afrique. Une idée solidaire qui permettra à des auto-entrepreneurs africains de bénéficier d’un fonds d’investissement pour continuer à développer leur projet. Le site, Fadev.fr ouvrira ses portes lundi 28 avril.

Afrik.com : Vous êtes l’instigateur du tout premier site de "crowdfunding" à destination de « l’investissement solidaire en Afrique ». Quel est l’objectif du Fadev ?
Johann Fourgeaud :
Il s’agit d’un site de "crowdfunding equity", qui est l’une des dernières évolutions du "crowdfunding" classique. A travers cette nouvelle forme de "crowdfunding", les investisseurs auront, en retour, des parts du capital. Afin de réduire les risques, les particuliers qui investiront ne seront pas actionnaires des entreprises africaines mais du Fadev. Seul le Fadev investira en Afrique. De plus, cela permet aux particuliers de sortir du projet quand ils le veulent et de bénéficier de réductions d’impôts.

Afrik.com : Seuls les particuliers participent aux financements ?
Johann Fourgeaud :
Non pas seulement, les fonds d’investissements (private equity) et l’épargne salariale également. Les salariés peuvent, s’ils le souhaitent, placer leur épargne vers des produits comme les nôtres.

Afrik.com : Vous souhaitez accompagner, en Afrique, financièrement et techniquement plus d’une dizaine d’entreprises par an. Parviendriez-vous à tenir le pari ?
Johann Fourgeaud :
Nous n’avons pas de réels doutes là-dessus. A vrai dire, le fonds existe depuis quelques années déjà. Nous avons beaucoup travaillé en amont, et aujourd’hui nous lançons la plateforme. Nous avons l’expérience et la méthodologie. De plus, nous avons des partenaires locaux qui sont des structures d’accompagnement. Nous les mandatons afin qu’ils nous trouvent des entreprises intéressantes. Sur place, nos partenaires proposent un coaching aux auto-entrepreneurs afin de les aider à développer davantage leur structure dans le domaine du service (comptabilité, recrutement…).

Afrik.com : Quels sont les critères requis pour les entreprises africaines qui souhaitent bénéficier d’un accompagnement du Fadev ?
Johann Fourgeaud :
Tout d’abord, nous n’aidons pas à la création d’entreprise. Nous opérons uniquement avec les entreprises déjà implantées dans le marché et qui souhaitent se développer. Ensuite, il faut que ces entreprises répondent aux définitions de l’entrepreneuriat social. Il est évidemment tout naturel que les entrepreneurs souhaitent gagner de l’argent, mais il faut également prendre en compte le développement global du pays, créer de l’emploi, redistribuer… Puis, ces entreprises doivent être implantées dans les pays où nous avons des partenaires, à savoir : Togo, Bénin, Sénégal, Mali, Cameroun, Burkina Faso et Congo. Nous avons par ailleurs l’intention de nous développer, si tout va bien, à Madagascar et dans l’Afrique des Grands Lacs. Et un jour, le Maghreb peut-être...

Afrik.com : Les entreprises que vous accompagnez sont parfois récompensées, à l’instar de "Nununa" au Burkina Faso et "MTC" au Bénin, qui ont respectivement remporté en 2012 et 2013 le « Prix de la finance solidaire », catégorie solidarité internationale…
Johann Fourgeaud :
La finance solidaire est un petit monde. Avec ce genre d’événement, on gagne en visibilité et c’est intéressant. Nous souhaitons réellement participer à véhiculer une image différente de l’Afrique, montrer comment des entrepreneurs africains font un boulot remarquable.

Afrik.com : Il y a-t-il un lien entre le Fadev et le Fonds Afrique, qui appartient à la coopérative Garrigue, chez qui vous êtes chargé d’investissements solidaires ?
Johann Fourgeaud :
Depuis 2013, Garrigue a cessé d’alimenter le fonds Afrique. Toute la trésorerie du Fonds Afrique sera transférée au Fadev. Mais Garrigue est toutefois actionnaire du Fadev.

Afrik.com : Qu’est-ce qui vous a poussé à vous investir de manière "solidaire" en Afrique ?
Johann Fourgeaud :
J’ai su au lycée que je voulais travailler dans le développement dans les régions du sud, notamment en Afrique. Après avoir travaillé avec l’AFD (Agence française de développement), j’ai eu envie de lancer ou rejoindre un projet solidaire qui repose sur des initiatives innovantes. Et c’est le cas avec le Fadev qui est une plateforme où l’on a la possibilité de faire que les Africains soient les premiers à soutenir les entreprises de chez eux. Je ne sais pas si ça va marcher, mais si déjà localement les gens nous suivent dans ce projet, ce sera génial. Nous serons entièrement dans une optique d’échanges sud-sud.

Afrik.com : Vous êtes par ailleurs très engagé sur le plan politique. Ancien du Modem, vous avez rejoint La Fabrique du 20e [1] lors des dernières municipales en France. Quel était votre objectif en présentant votre candidature dans le 20e arrondissement de Paris ?
Johann Fourgeaud :
J’ai ce besoin de sans cesse aller à la recherche de tout ce qui est innovant, aussi bien dans l’économie que dans le développement. Et je trouvais, qu’en termes de politique, ce que proposait La Fabrique était justement innovant. De plus, on sort de ce clivage gauche-droite.


[1] La Fabrique du 20e est un mouvement qui réunit les fidèles comme les déçus de la gauche, les écologistes ou encore les citoyens engagés.


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