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Crise malienne : « La jeunesse est prête à se battre et mourir pour le Mali »

La crise malienne a franchi un nouveau cap depuis le début de la semaine. L’armée malienne a repoussé mardi une offensive jihadiste près de Mopti, à 600 km de Bamako, la capitale malienne. Lundi, elle a procédé à des tirs de sommation contre les islamistes dans le département de Douentza. Contacté par Afrik.com, Abdoulaye Jourdan, Secrétaire Général Adjoint du Rassemblement des Jeunes du Mali, témoigne à Afrik.com le ras-le-bol de la jeunesse malienne qui est prête à se battre et mourir pour le Mali. Il nous fait part de l’impatience des Maliens de libérer le Nord-Mali, une ferveur traduite par la recrudescence des engagements à l’armée nationale. Entretien.

Afrik.com : Dans ce contexte de crise politique, quel est l’état d’esprit de la jeunesse malienne ?
Abdoulaye Jourdan :
La jeunesse malienne est préoccupée. C’est la première fois qu’il y a un conflit de ce genre dans son pays. Elle est prête à combattre et mourir pour le Mali. Nous, jeunes maliens, nous attendons l’appel du gouvernement et de l’armée. Beaucoup de Maliens rejoignent l’armée et d’autres s’engagent dans les milices, afin de défendre la patrie en danger.

Afrik.com : A quoi elle aspire cette jeunesse qui se dit prête à défendre l’intégrité du Mali ?
Abdoulaye Jourdan :
Nous ne faisons pas de politique. Nous voulons juste la libération du Nord-Mali. Nous aimons notre pays, d’où notre volonté de le libérer. Puis, nous retournerons dans des écoles, pour se préparer à diriger le pays. Nous avons une double attente. La première se compose de trois volets : la libération du Nord-Mali via l’intervention militaire, la sécurisation militaire et le redéploiement des populations déplacés du Nord. Notre seconde aspiration, c’est l’organisation des élections libres et démocratiques pour mettre en place un président élu et légitime.

Afrik.com : Est-ce que l’intervention militaire est possible avec le Capitaine Sanogo qui souffle le chaud et le froid ?
Abdoulaye Jourdan :
Sanogo ce n’est pas le problème. C’est même une solution au sein de l’armée. Si les jeunes se sont opposés à Amadou Toumani Touré (le président renversé le 22 mars), c’est pour porter le capitaine comme porte-parole. Il représente une partie de l’armée malienne. Il s’oppose au déploiement d’une force internationale à Bamako car il ne veut pas voir les troupes de la Cedeao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) patrouiller à Bamako, mais il accepte désormais qu’elles soient stationnées dans la périphérie de la ville en vue d’une intervention militaire au Nord-Mali.

Afrik.com : Les jeunes maliens attendent donc beaucoup de leurs autorités. Que pensent-ils du gouvernement de Bamako ?
Abdoulaye Jourdan :
L’ancien Premier ministre (Cheick Modibo Diarra) a énormément déçu la jeunesse malienne. Lors de son arrestation (par une vingtaine de soldats de la junte militaire dirigée par le Capitaine Sanogo), aucun jeune ne s’est soulevé pour protester. Nous, les jeunes maliens, nous soutenons le nouveau gouvernement de Django Cissoko qui s’est battu pendant 40 ans pour le Mali. Nous espérons, donc, un signe de la part du gouvernement.

Afrik.com : Cette jeunesse qui attend de pied ferme l’intervention militaire, a-t-elle ras-le-bol de l’inaction des autorités de Bamako et de la communauté internationale ?
Abdoulaye Jourdan :
Ils en ont marre d’attendre. Ça va faire bientôt un an que le Mali est coupé en deux. Nos frères et sœurs souffrent, on en a marre ! Si les Occidentaux et la Cedeao ne viennent pas rapidement, nous irons seuls. Ils sont prisonniers des islamistes et ne peuvent pas attendre un jour de plus.

Afrik.com : Quelle est la plus grande crainte des jeunes maliens ?
Abdoulaye Jourdan :
Une insurrection armée. Nous avons peur que les islamistes, en cas d’intervention militaire au Nord-Mali, se mettent à commettre des attentats dans les grandes villes maliennes. Comme ce qui s’est passé en Irak après l’intervention militaire américaine. Très peu d’armées ont le pouvoir de se battre contre une insurrection armée. Les jihadistes ont constitué des bastions et pourraient alors harceler l’armée malienne et les troupes de la Cedeao, en utilisant en outre leurs cellules dormantes.


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