Bénin : les étudiants décrètent 72 heures de grève


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Les étudiants syndiqués ont bloqué le laboratoire pédagogique, lieu des inscriptions pour l'Université d'Adjarra, à l'Ecole normal supérieure de Porto Novo

La contestation des étudiants enfle au Bénin. La grève de 72 heures à l’Université d’Adjarra, près de Porto Novo, qui a débuté ce mardi, témoigne du mécontentement toujours présent d’une grande partie de la jeunesse scolarisée du pays.

A Porto Novo,

Les conditions de travail sont difficiles pour les étudiants au Bénin. Le mécontentement est bien présent. Ce mardi, c’est au tour de l’Université d’Ajarra, près de Porto Novo, de débuter une grève de 72 heures. Il y a deux semaines, un mouvement similaire à l’Université Abomey-Calavi de Cotonou, la plus grande université béninoise, avait occasionné des affrontements très violents avec les forces de l’ordre.

Augmentation de frais de scolarité

Les revendications des étudiants de l’Université d’Adjarra, près de Porto Novo, sont nombreuses. Ils étaient une vingtaine d’étudiants et représentants syndicaux à s’être déplacés, ce mardi, à l’occasion du début de la grève, au siège de l’Ecole normale supérieure de la capitale, pour bloquer l’inscription des étudiants dans leur université, qui est toujours en cours pour l’année 2014.

L’arrêté du recteur, qui a porté à 15 000 FCFA les frais de scolarité pour les étudiants n’ayant pas validé leur année et voulant se réinscrire, est un des principaux motifs de grève, dans un pays où le salaire minimum est à 40 000 FCFA (près de 60 euros). Ces frais d’inscription, instaurés au début de l’année 2014, doivent aussi être payés par les élèves qui veulent s’inscrire dans un deuxième cursus de front, dans la même année.

« 15 000 francs, ça va servir à quoi ? », s’interroge Louis Dansou, président du Bureau d’Union d’Entité, un des syndicats étudiants grévistes, présent au siège de l’Ecole normale supérieure.

Des services de restauration défaillants

Le nombre de salles de classe est largement insuffisant et les services de transport, de restauration notamment, ne sont, la plupart du temps, pas assurés à l’Université d’Adjarra. Alors que l’institution ne dispose pas de service d’information et de documentation, et que les résidences sociales sont « en voie de destruction », les étudiants ne comprennent pas ces hausses des frais de scolarité qu’ils doivent en plus supporter.

Le gouvernement joue la montre face à ces revendications communes de la jeunesse du Bénin qui fréquente les universités. La volonté des étudiants de suivre une année scolaire pleine, à la différence de l’année dernière où des mouvements de plus grande ampleur avaient éclaté, maintient les élèves dans les salles de classe. Mais pour combien de temps ?

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