20 novembre 2017 / Mis à jour à 19:21 - Paris  Newsletter  /    Alertes e-mail  /    English edition  /    Flux

France - Esclavage - Monde créole
La France commémore le 10 Mai
La cérémonie au Jardin du Luxembourg à Paris avec le chef de l’Etat. La première journée nationale de commémoration de l’esclavage a eu lieu ce mercredi en fin de matinée au Jardin du Luxembourg à Paris. Le Président de la République, accompagné du Premier ministre Dominique De Villepin, de la député Christiane Taubira et l’écrivain Maryse Condé, présidente du comité pour la Mémoire de l’esclavage étaient présents pour l’événement.

Par Mame Diarra Diop

« Cette cérémonie de commémoration est la volonté d’une représentation nationale. Un hommage doit être rendu aux millions d’anonymes qui ont subi l’esclavage, cette entreprise de déshumanisation et grande tragédie... », a déclaré, ce mercredi matin au jardin du Luxembourg à Paris, Jacques Chirac à l’occasion de cette première journée du 10 mai, date commérant désormais l’abolition de l’esclavage et de la Traite négrière. Plusieurs personnalités afro-caribéennes présentes ont bien voulu donner leur sentiment à Afrik sur l’événement.

- Maryse Condé, Présidente du Comité pour la Mémoire de l’Esclavage

« On reconnaît enfin la présence, le rôle et la souffrance de nos ancêtres. Et cette reconnaissance ne doit pas s’arrêter là et prendre alors, une ampleur plus vaste dans la nation française. Nous avons élaboré un carnet de propositions au Président de la République et que nous avons publié aux éditions de la Découverte et qu’il faut absolument lire ! Vous y verrez tout ce qu’on demande pour changer la vie de la société. »

- Christiane Taubira, député de Guyane

« Je trouve que le texte d’Aimé Césaire dit par Jacques Martial et que je connais presque par cœur d’ailleurs, est un texte somptueux, qui avait exactement les mots qu’il fallait pour ce 10 Mai. Jacques Martial a donné la voix et la force qu’il fallait et sa déclamation suffisait amplement pour donner à l’événement toute son envergure et toute sa profondeur. »

- Jacques Martial, comédien

« C’est une date importante. Je suis très fier d’avoir été invité pour participer à cette commémoration avec ce texte incroyable de Cahier d’un retour au pays natal. Ce 10 Mai est un moment d’ouverture. C’est l’occasion de pouvoir nommer les choses. De commencer à construire une nouvelle fraternité en connaissance de notre histoire.

- Calixthe Beyala, écrivain

« J’ai dit merci au Président Chirac. Parce qu’il nous a donné à voir et à entendre quelque chose qu’on n’espérait plus, ni voir, ni entendre. C’est un jour magique ! C’est un jour magnifique ! J’ai senti que les ancêtres étaient présents, j’ ai senti l’amour de la terre pour la première fois, la communion avec les autres êtres humains. Nous commémorons cette date, parce qu’il y a des mouvements noirs qui, depuis des années, oeuvrent et il n’ y a pas que la loi Taubira. C’est le fruit du travail d’associations, comme le Cofad (Collectif des filles et fils d’Africains déportés), de gens qui ont sacrifié leurs vies depuis vingt cinq ans pour obtenir ce que nous obtenons aujourd’hui. Je pense à un homme comme le professeur Assani Fassassi et qui a organisé le premier colloque à l’Unesco pour la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité. Personne ne semble se souvenir de ça. Et moi je pense qu’il est temps d’avoir une mémoire un peu plus longue. »

- Luc Saint Eloy, comédien

« C’était une cérémonie solennelle. Je suis très heureux d’être témoin de ce virage historique et avec l’extrait de Cahier d’un retour au pays natal interprété par Jacques Martial, on a eu le message le plus puissant.. Le texte d’Aimé Césaire est tellement porteur qu’à la limite, on a plus besoin de discours. Je n’ai même plus besoin de dire que Monsieur Chirac était là pour témoigner que la France s’honorait de ce geste historique et on ne peut que dire merci. Nous allons maintenant construire ensemble. Avec cette date, la France commence enfin à regarder son passé et j’ai envie de dire qu’elle peut nous remercier aussi pour ça. Car tant de fois, nous avons volé au secours des valeurs républicaines de ce pays. »



dossier
Le chef de l’Etat français a choisi la date du 10 mai pour commémorer, chaque année, l’abolition de l’esclavage et de la Traite négrière. Une reconnaissance pour la communauté afro-caribéenne quant à cette blessure de l’histoire.


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