29 juillet 2014 / Mis à jour à 21:54 - Paris  Newsletter  Alertes e-mail  English edition  Flux
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Africa Trek
L’Afrique sur les pas de Sonia et Alexandre Poussin. Heureux qui, comme les Poussin, ont fait un beau voyage. Sonia et Alexandre ont passé trois ans à marcher, du Cap de Bonne espérance au lac de Tibériade, traversant dix pays africains avant d’atteindre Israël. 14 000 km. Ils racontent aujourd’hui ce trek africain dans un magnifique album illustré qui mêle liberté, solidarité, générosité, embûches et coups de coeur. Un vrai livre d’aventure.

Avec Sonia et Alexandre Poussin, l’aventure est au bout des semelles... Ce couple pas comme les autres a en effet passé trois ans sur la route, du Cap de Bonne Espérance au lac de Tibériade, traversant l’Afrique du Sud, le Lesotho, le Zimbabwe, le Mozambique, le Malawi, la Tanzanie, le Kenya, l’Ethiopie, le Soudan, l’Egypte et Israël. Une formidable aventure humaine que l’on retrouve en mots et en images dans un magnifique album édité par Actes Sud. Africa Trek, ce sont 320 pages illustrées par 460 photos tirées des 14 000 clichés pris par les Poussin lors de leur périple. Un livre dédié (entre autres) à « Mark Zébulon et Henri Samuel, le premier et le dernier maillon de cette chaîne de 1 200 personnes qui se sont relayées spontanément, de l’un à l’autre bout de ce continent, pour rendre notre marche possible ».

Le 1er janvier 2001, le couple démarre le nouveau millénaire d’un bon pied, avec ce pari fou : « marcher sans cesse au cœur de l’Afrique, sans assistance et sans sponsors, en traversant onze pays, sans jamais aller à l’hôtel, sans prendre de moyens de transport ». Pour cette aventure au bout du monde et d’eux-mêmes, Sonia et Alexandre partent légers. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils n’ont rien emporté de superflu : pas de tente, pas de réchaud, pas de gamelle, pas de vivres, seulement quelques biscuits ou autres bâtons de biltong (viande séchée) à mâchonner, pas de change vestimentaire hormis deux sous-vêtements et deux paires de chaussettes... Ah si, quand même, une cape de pluie et une fourrure polaire pour les protéger des journées les plus humides et des nuits les plus froides ! « Cette légèreté est volontaire. Elle nous contraint à rencontrer pour survivre, à avancer pour rencontrer », écrit sobrement Alexandre dans son journal de bord quotidien. « Notre mode d’orientation est intuitif. Nous n’avons ni cartes, ni GPS, ni boussole. Mais un principe : un chemin conduit toujours à l’homme. »

« Il n’y a d’aventure qu’humaine »

Parfois, lors de la traversée d’étendues désertes, leur seul compagnon est le tic tac salvateur du podomètre. Malgré tout, « sur les pistes, nous restons rarement seuls », expliquent-ils dans le livre. « Des enfants vont à l’école ou en reviennent, des hommes vont aux champs ou en reviennent, des femmes vont au marché. Nous découvrons une règle qui va rythmer dorénavant notre vie : les Africains marchent ! » Le fait de marcher les rend à la fois forts et vulnérables. Ils attisent la curiosité. Certains les accueillent à bras ouverts, d’autres les chassent des villages, comme dans certaines contrées éthiopiennes...

Chaque jour, ils goûtent un peu plus à la liberté. Celle-ci possède un goût suave et enivrant qui peut devenir amer. « Tous les jours, trouver notre sauveur du jour. Voilà le sel de notre aventure, sa sueur aussi. » Soleil de plomb ou pluies diluviennes, tempêtes de sable, forêt d’acacias « écorcheurs », fièvres, crises de palu, dysenterie...Ils ont tout vécu. Et ont survécu à tout. Alexandre dit que c’est grâce à la force de leur amour. Sûrement. Mais c’est aussi grâce à une grande force de caractère qu’ils ont en commun, des nerfs d’acier et une belle faculté d’adaptation ! Et c’est aussi grâce aux rencontres merveilleuses accumulées au fil des pas. « Marcher, ça décloisonne, ça rend la rencontre possible », disent-ils. « Marcher nous révèle l’Afrique pas à pas, d’homme en homme, de vie en vie. Il n’y a d’aventure qu’humaine. »

Rien ne sert de courir...

Avec les Poussin, rien de sert de courir, il faut savoir s’arrêter à temps. Ils prennent des chemins de traverse qui rallongent leur itinéraire, décident de passer plusieurs jours au même endroit pour apprendre la poterie ou nourrir des bébés tigres... « Nous apprenons à prendre le temps. Chaque jour passé en Afrique nous affranchit de sa dictature. Il court, nous marchons. » En Afrique du Sud, ils dînent avec Koos Smit, le vieux qui attend la mort, ils savourent des termites frites au Mozambique, font le salut traditionnel au Malawi (double baiser sur le dos de la main), jouent avec les enfants de la tribu barbaïg qui refuse toute intégration dans la société tanzanienne. Au Soudan, ils goûtent à la chaleur humaine « proportionnelle au thermomètre », puis traversent le meurtrier désert de Batn el-Hagar et se paient le luxe de crapahuter en haut des pyramides du Caire.

Elle porte une blondeur quasi-germanique et lui une barbe de poète en bataille. Aventuriers romantiques... mais pas naïfs. Leur voyage est aussi l’occasion de regretter des cultures disparues, d’arpenter des bidonvilles, de rencontrer Morgan Tsvangirai, le leader persécuté de l’opposition zimbabwéenne. Le 11 septembre 2001, alors que les tours jumelles de New York s’effondrent, les Poussin contemplent les ruines de Great Zimbabwe et méditent « sur la fragilité des civilisations ». Le couple livre ses impressions de voyage mais aussi ses réflexions et ses analyses sur les pays traversés et les peuples rencontrés.

« Voyager pour comprendre le monde et l’aimer »

« Voyager pour comprendre le monde et l’aimer », c’est le credo de ces deux Français qui avaient déjà usé leurs semelles sur d’autres continents avant de s’embarquer pour l’Afrique. Après son DEA de Sciences politiques, Alexandre réalise en 1994 un tour du monde à vélo avec son meilleur ami Sylvain Tesson, traversant 35 pays et parcourant 25 000 km. En 1997, il s’offre, toujours avec Sylvain, la traversée de l’Himalaya à pied... Quant à Sonia, elle a participé à plusieurs missions humanitaires après ses études d’Administration économique et sociale, passant par l’Ouzbékistan, le Tadjikistan, la péninsule indochinoise et Katmandou.

Pour leur trek africain, ils partirent à eux et furent bientôt... trois ! Sonia est tombé enceinte pendant le voyage. Un nouveau petit Poussin, qui aura, c’est sûr, le gène de l’aventure.

Commander le livre Africa trek, l’album, Sonia et Alexandre Poussin, 320 pages, éditions Actes Sud, 42 euros.

Pour en savoir plus, le blog.


 
  


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