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Société - France - Emeutes

Sarkozy : pas de divergence avec les RG sur les émeutes de novembre
Les Renseignements mettent en cause l’injustice et l’absence d’intégration dans les cités

Le ministre français de l’Intérieur Nicolas Sarkozy a assuré mercredi que son analyse des émeutes de novembre n’est en rien opposée à celle des Renseignements généraux. Mardi, Le Parisien a publié des extraits d’un rapport confidentiel des RG, daté du 23 novembre, et selon lequel « la France a connu une forme d’insurrection non organisée (...) sans caïds ni intégristes », provoquée principalement par un « sentiment d’injustice » et un « manque criant d’intégration ».


 Dossier : Emeutes en France



jeudi 8 décembre 2005, par Saïd Aït-Hatrit


« La France a connu une forme d’insurrection non organisée avec l’émergence dans le temps et l’espace d’une révolte populaire des cités, sans leader - ni caïds, ni intégristes. » Mercredi, le journal Le Parisien et son équivalent national, Aujourd’hui en France, ont publié les extraits d’un rapport confidentiel des Renseignements généraux (RG) sur les émeutes de novembre, contradictoire en de nombreux points avec l’analyse du ministre de l’Intérieur sur les événements. Nicolas Sarkozy, suivi par le procureur général de la cour d’appel de Paris, Yves Bot, ou encore le maire du Raincy, Eric Raoult, avait estimé le 3 novembre que les émeutes de la nuit précédente n’avaient « rien de spontané » et étaient « parfaitement organisées ». Mercredi soir, le président de l’Union pour la majorité présidentielle (UMP) a pourtant rejeté sur France 3 toute idée de divergence entre la perception des services secrets et la sienne. Accusant même « le système médiatique » d’avoir monté cette opposition.

« Ce rapport, c’est moi qui l’ai commandé et c’est moi qui l’ai eu dans son intégralité », a-t-il indiqué. Aménageant quelques nuances appropriées, l’entourage du premier policier de France avait indiqué dans l’après-midi à l’AFP que M. Sarkozy avait « toujours récusé l’idée qu’il y ait [eu] un coordinateur général à ces émeutes, mais qu’elles étaient manifestement organisées » dans chaque quartier concerné, restant toutefois « indépendantes les unes des autres ».

« Injustice » et « absence d’intégration »

Difficile pourtant pour le clan du président de l’UMP de faire cohabiter les deux visions sur d’autres aspects. Pour les auteurs du rapport, « le ressort principal des émeutes serait (...) l’impression d’injustice », exacerbée après la mort par électrocution de deux adolescents de Clichy-sous-Bois, le 27 octobre , ainsi qu’« un fort sentiment identitaire, ne reposant pas uniquement sur leur origine ethnique ou géographique, mais sur leur condition sociale d’exclus de la société française ». Dans une interview accordée à l’hebdomadaire Le Point, daté du 2 décembre, Nicolas Sarkozy était longuement revenu sur le « rôle des mafias » dans la situation des quartiers difficiles, entretenant le flou sur leur contribution aux émeutes de novembre.

Les RG dénoncent également « un manque criant d’intégration » dans les banlieues. Ils y relèvent une absence de mixité sociale, une forte concentration de populations étrangères, la présence de nombreuses familles polygames ou monoparentales, une importante déscolarisation des enfants ou encore un sentiment d’insécurité, selon L’Express. Nicolas Sarkozy estime pour sa part que l’« on raconte aux Français une histoire qui ne correspond pas à ce qu’ils pensent. Ils rejettent la pensée unique, le prêchi-prêcha social-démocrate qui explique la délinquance par la pauvreté, qui, de façon excessive, privilégie les zones et les territoires plutôt que l’individu ».


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