26 mars 2017 / Mis à jour à 06:23 - Paris  Newsletter  /    Alertes e-mail  /    English edition  /    Flux
Sénégal - Musique
Le chanteur philosophe : El hadj Ndiaga Mbaye tire sa révérence
La voie rauque du maître s’éteint mais sa mémoire demeure. Le Sénégal pleure affectueusement la mort de Ndiaga Mbaye décédé à 57 ans, dans la nuit de samedi sur le chemin de l’hôpital Principal de Dakar (Sénégal), suite à une longue maladie. Le chanteur et griot a été enterré tôt dans la matinée de dimanche dans la ville de Touba lieu saint du Mouridisme. Sa voix unique et rauque a longtemps bercé le cœur des adultes et des jeunes avec des chansons empreintes de sagesse et de réalité.

Par Badara Diouf

Ndiaga Mbaye grande figure de la musique sénégalaise et griot hors pair n’est plus de ce monde. Décédé à 57 ans dans la nuit de samedi à Dakar (Sénégal), il a été inhumé aussitôt à Touba. Grand maître parolier et chanteur, il laisse derrière lui des chansons mémorables connus de tous les Sénégalais. Portrait du griot le plus populaire de la culture wolof qu’il a si longtemps symbolisée et magnifiée par sa voix si rauque et singulière.

La référence de la musique traditionnelle

Le nom de Ndiaga Mbaye laisse le souvenir d’un homme portant de manière constante des lunettes noires et une voix rauque qui le caractérisaient parmi tous ses confrères. Les qualificatifs sont nombreux quant à cet immense personnage qui faisait partie, depuis 1966, de la troupe des illustres artistes du Théâtre National Daniel Sorano de Dakar (Conservatoire national), où il chantait déjà comme griot. Il quittera cette institution pour se consacrer à une carrière solo exceptionnelle, à partir de 1977, jusqu’à son décès. « Beuguenala », « Nieti Abdou » et d’autres encore....font aujourd’hui partie du patrimoine musical et culturel sénégalais.

A la fois poète, auteur, compositeur, et interprète prolixe, l’homme a marqué et marquera les mélomanes par la dimension et la profondeur de ses textes. Des inspirations puisées parfois dans les recueils des Khassaides ( Ecrits de Serigne Touba, fondateur du Mouridisme) qu’il mettait en chanson dans le but d’éduquer et d’éveiller les consciences. Des paroles évoquant avec brio des thèmes aussi variés que la mort, l’amitié, l’amour, les valeurs morales qui ont façonné le Sénégal. Des chansons qui trouvent écho dans toutes les générations du pays. C’était un homme de scène qui savait tenir en haleine les salles de concert bondées, grâce à sa richesse vocale unique, et le xalam (petite guitare traditionnelle du Sénégal), dont il savait jouer admirablement . Mais hélas, l’artiste, que la maladie côtoyait depuis plus de deux ans, s’est éteint en laissant femmes et enfants derrière lui.

Patrimoine culturel sénégalais

Le statut de poète chanteur est salué à l’unanimité. « Ndiaga était un vieille connaissance que je connaissais depuis 1965 à l’époque où nous étions dans la marine nationale. Sa mort est une grande perte pour moi et pour tout le Sénégal », témoigne avec peine son ami Alioune Badara Beye, l’actuel Président du conseil administratif du Sorano (équivalent du conservatoire). L’Etat sénégalais qui était informé de la maladie de la star, lui a longtemps accordé tous les égards, en allant même jusqu’à prendre en charge les frais de soins médicaux et d’enterrement du défunt.

A la levée du corps de ce dernier à Dakar, le ministre de la Culture, Madame Safiatou Ndiaye Diop, était présente, de même que certaines célébrités de la musique sénégalaise. « L’Etat du Sénégal déplore le départ de ce grand chanteur et le soutien à sa famille ne sera pas un vain mot. Nous la mettrons à l’abri du besoin », a annoncé Monsieur Alassane Cissé, conseiller de la communication au ministère de la Culture. « La santé de Ndiaga Mbaye préoccupait depuis quelque temps tout le monde jusqu’au point où le chef de l’Etat, Abdoulaye Wade, a personnellement mandaté son médecin personnel pour s’occuper de ce dernier », ajoute-t-il . Il s’en est pourtant allé. Mais sa mémoire demeure à travers les nombreuses chansons qu’il a léguées généreusement à la postérité. Adieu Ndiaga !



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