afrik.com
 
mercredi 7 jan. 2009    
 
  Immigration : la France souhaite un accord rapide avec le Burkina Faso   -  Cargo détourné : le Kenya envoie à son tour un navire de guerre  -  Afrique du Sud : dissidence au sein de l’ANC  -  Cargo ukrainien : les armes sont bien destinées au Sud-Soudan  -  Sida : la circoncision ne réduirait pas les risques d’infection  -  Rwanda : une femme à la tête de l’Assemblée Nationale   -  Mauritanie : une manifestation anti-putsch violemment réprimée  -  Italie : 800 clandestins débarquent sur l’île de Lampedusa et en Sicile  -  Sénégal : il faut se passer de la « tyrannie du riz »  -  Kenya : l’auteur d’un livre anti-Obama sur le point d’être expulsé  -    
 
Découverte - Afrique de l’Ouest - Bénin - Tradition

Bénin : la circoncision à partir de 28 ans pour devenir adulte
Une tradition wama qui survit à l’épreuve du temps

La circoncision chez les Wamas se pratique à partir de 28 ans et marque le passage à l’âge adulte. Ceux qui tremblent devant le couteau des Forgerons, seuls habilités à mener cette opération, sont méprisés et fuient leur village, tant le poids de la honte est lourd. La tradition ancestrale reste très suivie, en dépit, notamment, de la médicalisation de l’ablation du prépuce. Exemple au Bénin.



jeudi 16 décembre 2004, par Habibou Bangré


Avec notre correspondant au Bénin Wilfrid Ndong

Kotopounga (Nord-Ouest du Bénin) a la double particularité d’être le village maternel de l’actuel chef de l’Etat béninois, Mathieu Kérékou, et de pratiquer la circoncision des adultes. En effet, chez les Wamas, cette tradition ne se pratique qu’à partir de 28 ans. L’ablation du prépuce, effectuée de façon traditionnelle par les Forgerons, est une étape obligatoire marquant le passage à l’âge adulte. Etape déterminante pour l’avenir de l’intéressé, qui, s’il laisse poindre la moindre étincelle de peur, est « recalé ». L’humiliation est si cuisante, et les conséquences sociales sont si importantes, que ceux qui ont échoué préfèrent fuir le village. En dépit de l’apparition de l’ablation du prépuce médicalisée, la tradition reste bien suivie.

Rester brave devant le couteau...

Les cérémonies ont généralement cours entre février et d’avril. Elles se déroulent par vagues. Ainsi, une vingtaine d’hommes est choisie pour être circoncis dans un laps de temps défini par le chef coutumier et une dizaine de vieux sages. Ce procédé se perpétue pendant plusieurs mois. C’est à la caste des Forgerons, qui fabriquent le couteau de cérémonie, qu’il incombe la responsabilité de circoncire. Eux seuls, qui ne sont jamais circoncis chez les Wamas, ont cette légitimité et ce pouvoir. Pour pratiquer le rituel, ils emmènent loin des regards le futur circoncis. L’objectif est de préserver l’intimité du Wama, mais aussi, et surtout, de garder mystérieuses les ficelles de la cérémonie.

Au moment de la coupure, les hommes ne doivent pas ciller. Ils ne doivent pas laisser percevoir leur peur, ce qui les disqualifierait immédiatement aux yeux des Forgerons. Car ils jugent que la crainte est une preuve que le Wama n’a pas mérité de passer à l’âge adulte. Dans ce cas, même si la scène s’est passé en dehors du village, la nouvelle aura vite fait le tour des oreilles des habitants.

...ou quitter le village

La honte est grande pour celui qui a échoué. Et il est pratiquement banni de la vie sociale du village. Il n’aura, entre autres, pas le droit de se marier parce que non adulte pour les autorités villageoises. Le calvaire est si insupportable que certains fuient dans une autre région ou à l’étranger. Le poids est si lourd à porter que certains vont même jusqu’à mettre fin à leurs jours.

Pour ceux qui ont traversé avec brio le rite de passage, des cérémonies grandioses, étalées sur plusieurs jours, sont organisées. Les festivités durent parfois deux semaines. Et les sommes dépensées peuvent atteindre plusieurs millions de FCFA. Compte tenu du fait que les cérémonies se font par vagues et sur plusieurs mois, on constate que la vie des Wamas est rythmée par les célébrations des circoncisions. Elles jouent un rôle prépondérant, bien plus que l’intronisation du chef coutumier et encore plus que ses funérailles.

Circoncision pour les chefs...

Quelques hommes, refusant de se plier à la tradition, par peur de la douleur ou autre, ont quitté leur village. Une minorité. Car les années ne semblent pas avoir entamé la pratique de cette tradition. Ainsi, des Wamas, partis vivre plus loin que leur village avant leurs 28 ans, et qui ne sont donc pas circoncis, prennent la route de leur lieu de naissance pour perpétuer la tradition. Car c’est seulement dans leur village qu’ils doivent la faire.

Il arrive même que des Wamas, installés à l’étranger retournent dans leur village pour accomplir le rituel. Même à un âge avancé. Ce fut le cas de l’actuel chef coutumier de la localité de Tampegre, circoncis à soixante ans, spécialement revenu de l’étranger pour accéder à la chefferie. Car il est indispensable d’être circoncis pour se présenter à un tel poste.

...excision pour leurs « reines »

Mais l’acte doit être effectué dans les règles. Alors, au cas où le chef choisi a été circoncis à l’hôpital, une autre circoncision lui est imposée. Elle est réalisée à l’aide d’un coutelas, qui dessine un anneau autour de la base de sa verge. La signification symbolique de ce geste est gardée secrète.

Le chef coutumier est choisi par un comité de sages qui siègent après le décès de l’ancien régent. Agé d’une soixantaine d’années, il est le garant de la tradition du peuple wama. Il est assisté dans sa tâche par sa « reine », qui doit être excisée, comme toutes les femmes wamas, à partir de 28 ans.



Réagir à l'article

Soyez le premier à réagir à l'article.




 

   

La Fondation Chirac donne la priorité à l’Afrique

Annulation d’un mariage musulman en France : de la pertinence d’une polémique

Lucien Coutil présente « Kann bitasyon : la canne à sucre dans tous ses états »

Tous les articles Tradition

Gabon : les jeunes au cœur de la lutte contre le sida et les IST

Sénégal : des taxis nommés Sisters

La Guinée fête ses 50 ans d’indépendance

Tous les articles Découverte

La libération de Moussa Kaka : une embellie pour la presse du Niger ?

Un "Précis de remise à niveau" pour Nicolas Sarkozy

Aminata Traore : le Cigem est « le machin » de Louis Michel

Tous les articles Afrique de l’Ouest

CAN - Mondial 2010 : liste des 20 Béninois sélectionnés contre l’Ouganda

Bénin : l’érosion du littoral menace de rayer de la carte une partie de Cotonou

Bénin : relations sexuelles à risque, à la faveur de l’obscurité forcée

Tous les articles Bénin

 
 
sur afrik.com    sur le web
 



 
 


Présentation - Contact/Mentions légales - Partenaires - Annoncer sur ce site - Affiliation
Plan du site - Revue de presse - Version texte - Carte d'afrique - Archives - Alertes e-mail - English version

Afrik.com c'est aussi : afrikeco.com - beaute.afrik.com - afrikblog.com
Notre sélection : Logiciels Libres - Rencontres - Réduction
© afrik.com