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Wax, racontes-moi ton histoire...
Eléments de réponse sur l’histoire de l’un des tissus les plus prisés d’Afrique

Le wax habille des millions d’Africains. Ces derniers le vendent ou l’achètent, souvent à des producteurs européens, asiatiques ou américains. Mais d’où vient donc ce tissu teint à la cire et dont la qualité lui assure une cote sans accroc depuis plus d’un siècle ? Comment a-t-il conquis l’Afrique ? Plongée au cœur de ses fibres.


 Dossier : So Wax


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jeudi 25 novembre 2004, par Habibou Bangré


Plus d’un siècle d’amour. Les Africains et les Africaines ne se lassent pas désormais du très célèbre wax. Les couleurs vives et la qualité de ce tissu lui offre une vie prospère, de même qu’à la majorité de ses producteurs. Ces pièces de coton, imprimées des deux côtés grâce à un système de cire, ont gagné tout le Continent et sont disponibles dans plusieurs pays européens ainsi que dans une partie des Etats-Unis. Voilà, en somme, pour le wax aujourd’hui. Mais qu’en est-il de ses origines ?

Des origines indonésiennes

Certains récits sur l’histoire de ce tissu expliquent en effet que ses origines sont indonésiennes. A la fin du 19e siècle, des colonisateurs anglais et hollandais s’inspirent du batik javanais, qui est teint avec l’aide de cire - un procédé qui permet de mieux fixer les couleurs. Les Européens reprennent cette méthode (d’où le nom wax dont c’est la traduction en anglais) et impriment sur l’étoffe des motifs très colorés et séduisants les Africains.

L’idée aurait en premier lieu plu aux soldats ghanéens qui combattent pour la force coloniale hollandaise, qui convoite Java, Bornéo et Sumatra. Des Africains de cette même origine, qui sont postés dans ces îles pour travailler dans des commerces hollandais, auraient aussi flairé la bonne affaire. A l’heure du départ, ils rentrent chez eux les valises pleines du nouveau tissu. L’occasion de constater que leur intuition était bonne : les couleurs vives et les dessins plaisent beaucoup.

Les fabricants européens exportent alors vers le Ghana, qui devient le détenteur du marché dans tout l’Ouest de l’Afrique. « Une compagnie hollandaise qui avait des comptoirs en Afrique a envoyé du wax au Ghana. Les gens étaient vraiment très intéressés. Les commerçants des alentours se rendaient même à Acrra pour s’approvisionner », explique Yao Ahiaba, directeur de CTD Togo, filiale de la société anglaise ABC Wax.

120 millions de clients

La fin de l’hégémonie du pays est signée le Président Kwame N’Krumah. « Dans les années 60, il a fait construire une usine de textile et mis en place des droits de douanes prohibitifs pour les exportateurs de Wax européens. Dans ce contexte, ils ne pouvaient plus vendre leurs produits. Ils se sont alors tournés vers les commerçants togolais, qui ont accepté », poursuit Yao Ahiaba. La frénésie « s’étend progressivement le long de la côte Atlantique et pénètre en Afrique Centrale jusqu’au Congo RDC (République Démocratique du Congo, ndlr) », explique un document de So Wax, Premier salon international du wax et du textile africain à Paris (12-15 mai 2005).

Les compagnies de wax hollandaise, asiatique ou anglaise font une concurrence de taille aux petites productions locales. Elles déjouent leurs lacunes, comme la longueur des productions et leur coût élevé, en produisant rapidement et meilleur marché grâce aux économies d’échelles. Selon le document de So Wax et du textile africain à Paris, « ce marché compte une population de plus de 120 millions d’Africains, dont les Nigérians et les Congolais constituent la grande majorité ».


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