24 juin 2017 / Mis à jour à 22:43 - Paris  Newsletter  /    Alertes e-mail  /    English edition  /    Flux
Congo - Ecologie - Environnement
Pour sauver le Bassin du Congo
L’appel du ministre de l’Economie forestière. Le ministre de l’Economie forestière du Congo, Henri Djombo, a effectué mardi une visite à Bruxelles afin d’inviter l’Union européenne à revoir sa contribution financière au Partenariat pour les forêts du Bassin du Congo. L’entreprise aurait besoin de 3 milliards de dollars pour l’échéance 2004-2006. Elle n’a à ce jour enregistré que 170 milliards de promesses de financement.

Le ministre congolais de l’Economie forestière, Henri Djombo, a payé de sa personne, mardi, en venant à Bruxelles, en Belgique, plaider la cause du Partenariat pour les forêts du Bassin du Congo auprès des Européens. L’Union européenne a en effet revu sa contribution à la baisse, alors que le ministre, également président en exercice de la Comifac (Conférence des ministres en charge des forêts d’Afrique centrale), souhaite la voir augmenter. « Le Partenariat a obtenu 96 millions de dollars du Canada et des Etats-Unis et 170 millions d’euros de l’Europe, du Japon et des autres partenaires pour la phase 2004-2006. Alors que les besoins sont estimés à 3 milliards d’euros », a-t-il expliqué aux députés venus l’écouter à la Commission du développement et de la coopération.

Le ministre congolais a néanmoins tempéré ces données catastrophiques, en expliquant que les pays partenaires d’Afrique centrale avaient eux-mêmes freiné les propositions de financement en attendant de décider clairement comment il serait utilisé !

Un engagement international

Le Président de la Comifac n’est pas moins conscient de la difficulté que le Partenariat aura à atteindre son objectif financier. Il a usé de tous les arguments pour convaincre ses partenaires de leur intérêt à s’engager plus franchement dans ce projet. Le Bassin du Congo, avec ses 520 millions d’hectares de forêt, est l’un des poumons de la planète et le deuxième ensemble forestier d’un seul tenant après la forêt amazonienne. « Lorsque nous ne parvenons pas à mettre en œuvre nos politiques environnementales sur le plan national, les conséquences sont internationales », a-t-il expliqué. Avant de chatouiller l’orgueil et les intérêts stratégiques de la vieille Europe : « Il faut que l’UE revoit sa copie et accroisse sa contribution. Car les Américains sont là, aux frontières du pays. Nous avons un passé commun avec l’Europe et se serait une erreur pour elle de se retirer ». Autre argument, la nécessité d’éradiquer le virus Ebola. La fièvre est réapparue depuis octobre dans le district de Mbomo et a causé la mort de 18 personnes sur 36 touchées. Il a déjà sévit hors du Congo et rien ne permet d’affirmer que l’on pourra le confiner au continent africain, a-t-il expliqué.

La dette pour financer le Partenariat

« Le Congo doit faire tout son possible pour arrêter « l’exportation illégale de viande, notamment de singe, qui pourrait porter le virus Ebola, vers les capitales européennes. Cela serait bien vu ici et augmenterait les chances de financement de l’Europe », argumente un député européen en réponse au ministre. Pour le député Vert Didier Claude Roth, l’objectif du Partenariat, qui est de permettre l’exploitation économique rationnelle et la préservation du bassin du Congo, est contradictoire. De la même façon que la pauvreté des populations vivant sur cette zone les oblige bien souvent à cultiver cette terre, sur brûlis, et à chasser des espèces protéger.

C’est précisément pour diversifier les activités dans cette zone que le bassin du Congo a besoin d’argent, rétorque Henri Djombo. Avant d’ajouter qu’ « il ne faut pas interdire l’exploitation des forêts car les vieilles forêts ont une faible capacité de captation du carbone. C’est lorsqu’elles sont exploitées et renouvelées qu’elles respirent ». Henri Djombo a esquissé différentes possibilités de financement local. L’une d’entre elles consiste à faire passer la dette extérieure dans le financement du projet. « Nous devons beaucoup d’argent à l’AFD (Agence française pour le développement, à la BAD (Banque africaine de développement, ndlr) … a-t-il expliqué. Que le bailleur prenne l’argent et le mette directement dans le financement ».

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