22 septembre 2014 / Mis à jour à 15:51 - Paris  Newsletter  Alertes e-mail  English edition  Flux
dossier : Excision

Pan Afrique - Femmes
Des lois contre l’excision
Des lois contre l’excision. 28 pays sont présents depuis samedi dernier au Caire pour une consultation d’experts afro-arabes sur le sujet des mutilations génitales féminines. La rencontre, organisée sous le patronage de la première dame d’Egypte, a pour objectif d’harmoniser la législation dans les pays pour combattre l’excision.

Les mutilations génitales féminines (GMF) sont pratiquées dans 28 pays du monde, sous une ou plusieurs formes, principalement en Afrique mais aussi au Sultanat d’Oman, au Yémen et aux Emirats arabes unis. Des délégués de 28 pays africains, arabes et méditerranéens se sont donnés rendez-vous au Caire, du 21 au 23 juin, pour une consultation d’experts afro-arabes. Le thème de cette rencontre internationale : " Normes législatives pour la prévention des mutilations génitales féminines ". En d’autres termes : faire en sorte que des lois régissent dans chaque pays la pratique de l’excision dont les conséquences physiques et sanitaires peuvent être très graves.

Le nombre de femmes et de petites filles mutilées tourne autour des 130 millions, principalement en Afrique et dans le monde arabe, et chaque année, environ 2 millions de fillettes et de jeunes filles sont exposées au risque de mutilation. " Nous sommes déterminées à nous battre contre ce problème et à assurer un avenir meilleur à nos filles ", a déclaré Suzanne Moubarak, première dame d’Egypte, à l’ouverture de la conférence. " L’excision a un impact très négatif sur la santé psychologique et physique des fillettes. Nous devons adopter une législation claire et précise qui permette de combattre ce mal. Ce sera un premier pas même si les lois ne mettront pas un terme définitif à cette pratique. "

Tradition obsolète

De fait, les législations nationales, notamment dans les pays africains, n’en sont pas toutes au même stade en ce qui concerne la lutte contre l’excision. Ainsi, le Mali espère que sa présence au Caire fera avancer les choses. Comme l’explique Yacouba Maïga, chargé de programme à l’Association malienne pour le suivi et l’orientation des pratiques traditionnelles (Amsopt) : " Cette réunion du Caire est très importante. Elle doit permettre une uniformisation des législations dans les pays. Notre directrice, Kadidja Sidibé, participe au débat et nous avons tenu également à ce que le Mali soit représenté politiquement par le député maître Demba Traoré. Nous espérons ainsi accélérer l’adoption par l’Assemblée nationale malienne d’un projet de loi sanctionnant l’excision ".

La rencontre, initiée par le Conseil national pour la femme et l’enfant basé dans la capitale égyptienne suscite donc bien des espoirs. Pour Mouchira Khattab, sa secrétaire-générale : " L’excision est une tradition obsolète, qui n’est pas requise par la religion. Notre challenge est de stopper ce transfert de pratique à la prochaine génération ". Heureuse que ce sujet, longtemps tabou en Egypte, soit débattu publiquement, elle affirme : " Le mur du silence vient de tomber. Le débat national sur les mutilations génitales féminines vient de commencer. "

Pour plus de renseignements sur les mutilations génitales féminines, visiter le site du Gams, Groupe femmes pour l’abolition des mutilations sexuelles.


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Pratique culturelle controversée, l’excision rencontre de nombreux détracteurs qu’ils considèrent comme une atteinte à l’intégrité physique et à l’intimité des femmes. Un combat mondial s’est engagé sur la question pour mettre fin à cette tradition.


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