23 août 2014 / Mis à jour à 03:55 - Paris  Newsletter  Alertes e-mail  English edition  Flux
Lesotho - Corruption
Opération mains propres au Lesotho
Canadian Transnational Corporation. Une compagnie transnationale vient d’être condamnée pour corruption par le gouvernement du Lesotho. C’est la première fois que le versement de pots-de-vin pour l’attribution d’un marché public est ainsi sanctionné en Afrique. Douze autres firmes internationales sont impliquées et l’affaire rejaillit sur la Banque mondiale.

Pour la première fois, une compagnie transnationale opérant en Afrique vient d’être condamnée pour corruption. Le gouvernement du Lesotho a gagné en justice contre la Canadian Transnational Corporation. La firme est accusée d’avoir versé des pots-de-vin à l’ex-directeur de l’Office de développement des monts du Lesotho, Masupha Sole, pour obtenir le marché de la construction d’un barrage devant dévier les eaux du pays vers l’Afrique du Sud.

La firme devra verser 2,2 millions de dollars à l’Etat et Monsieur Sole lui-même encourt jusqu’à 18 ans de prison ferme. " Nous clamons qu’il faut être deux pour danser le tango ", déclarait déjà le procureur général en août dernier au micro de la BBC. Cette décision de justice semble être le début d’une longue série, plusieurs compagnies étant impliquées dans le projet. Elle pourrait même avoir un écho qui dépasse les frontières du continent...

La Banque mondiale dans la tourmente

Au total, Masupha Sole est accusé d’avoir perçu treize commissions de façon illicite de la part de compagnie participant à la construction du barrage. Trois compagnies françaises (Bouygues, Spie Batignolles et Dumez International), trois compagnies anglaises (Balfour Beatty, Keir International et Stirling international), deux compagnies sud-africaines et une firme italienne sont dans le collimateur des autorités.

La construction du barrage avait été décidée en 1986 entre le Lesotho et le gouvernement sud-africain, alors sous le régime de l’apartheid. C’est la Banque mondiale qui avait arrangé la mise en place du financement. Au coeur de la tourmente, la position du bailleur de fonds est loin d’être claire. Monyane Moleleki, ministre des Ressources naturelles du Lesotho, s’est prononcé en faveur de l’interdiction, pour les multinationales impliquées, d’avoir accès aux marchés du Lesotho et d’Afrique du Sud. Le gouvernement souhaiterait, semble-t-il, que la Banque mondiale prenne ses responsabilités et inscrive également les firmes sur sa " liste noire ". La Banque promet une enquête mais semble réticente à faire confiance à la justice du petit pays. Pour certains, elle peinerait simplement à mettre au ban de ses partenaires quelques-unes des plus grosses majors mondiales...


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