28 novembre 2014 / Mis à jour à 20:56 - Paris  Newsletter  Alertes e-mail  English edition  Flux
Cameroun - Musique
Faadah Kawtal à la poursuite du Sahel
Sahel musical. Du Cameroun musical, on connaît le Makossa et son génie tutélaire Manu Dibango, le Bikutsi des Têtes Brûlées et le Bend-skin d’ André-Marie Tala. A ce tableau, il faudrait désormais inscrire le goumba galewa des Faadah Katwal. Divine, le premier CD du groupe, est un modèle de diversité et de subtilité dans le mariage des voix et des sons du Sahel.

Baba Maal n’est plus seul dans le créneau de la musique peuhl. Faadah Kawtal, l’Union en fulfuldé (dialecte peuhl du Nord-Cameroun), est dans son sillage. Avec Divine, leur premier CD, ce groupe musical vulgarise une musique injustement rangée dans le registre des folklores : le Goumba Galewa. Une musique avant tout d’expression peuhl, plongeant ses racines à la lisière du Sahel et des savanes de l’Afrique centrale. Etonnant mélange d’instruments traditionnels, de guitare et de synthés, le goumba galewa est une musique qui, sous sa forme rurale, a fait l’objet d’innombrables mutations, un peu à l’image de la vie et de la culture peuhl.

Un tambour parlant

Divine, premier CD mais pas première production. Créé en 1993, le Faadah Kawtal a déjà à son compteur deux cassettes. Derkejo (jeune homme, en fulfuldé) en 1996 et Kilanta (la jeune femme) en 1997, deux opus, qui ont fait connaître le groupe à travers toute l’Afrique. Subjugué par la voix extatique et nasale du chanteur et leader du groupe Isnebo, le réalisateur français Patrick Grandperret, a fait de Derkejo la bande originale de son film Le Maître des éléphants.

Dans les bacs depuis un mois, Divine est une quête d’authenticité autant dans sa partie instrumentale et vocale, que dans les textes. A l’exception de la 6ème chanson, Alioum, composée par Tom Yoms et dont l’instrumentalisation est très contemporaine, les autres titres de l’album sont une visite du Sahel musical. On y retrouve pêle-mêle, le luth, le garaya et le tchidal, une flûte sur laquelle on peut souffler éperdument tout en chantant sur une autre gamme. Le must de la dernière livraison des Faadah Kawtal est incontestablement l’introduction pour la première fois du kalagou. Petit tambour d’aisselle, le kalagou est un véritable tambour parlant entre les mains d’Isnebo.

Commander le disque : Divine par Isnebo & Faadah Kawtal


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