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Le Printemps arabe n’a pas chassé le chômage

41 % des 15-24 ans sont actuellement au chômage en Afrique du Nord. L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et la Banque africaine pour le développement (BAD) ont annoncé ce lundi à Tunis, que le taux de chômage des 15-24 ans en Afrique du Nord a augmenté pour atteindre 41 % en 2012. Une donnée inquiétante pour une jeunesse rebelle, qui revendique toujours sa place dans la société.

Ce lundi à Tunis, en marge de la Conférence régionale sur la promotion de l’emploi des jeunes en Afrique du Nord, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et la Banque africaine pour le développement (BAD) ont révélé que le taux de chômage des 15-24 ans de la région est passé à 41% en 2012. L’OCDE et la BAD expliquent que cette donnée inquiétante est due à la croissance économique faible de ces dix dernières années. En effet, alors que le nombre de diplômés a augmenté, les économies nord-africaines sont restées centrées sur des secteurs où les qualifications ne sont d’aucune utilité. Or, cette forte scolarisation des jeunes devrait être une aubaine. Selon Mthuli Ncube, économiste en chef de la BAD : « C’est une opportunité unique pour le développement économique et social de la région, à condition que l’on tire partie de ces talents, ce réservoir de capital humain en pleine croissance, et qu’on l’oriente vers les secteurs productifs de l’économie. »

En réponse à cette situation inquiétante, l’OCDE et la BAD suggèrent l’adoption de stratégies de croissance afin de créer davantage d’emplois qualifiés. Sans surprise, les deux organismes appellent également à désengorger le secteur public et à privilégier le développement du secteur privé, à travers les petites et moyennes entreprises. Dans des pays où instinctivement les jeunes privilégient le travail dans la fonction publique, gage à leurs yeux de stabilité et de protection sociale.

Le chômage, un facteur de révolte

Marchand ambulant de condition précaire, Bouazizi présentait le profil type des protestataires du « Printemps arabe ». Une masse composée de millions de jeunes et de moins jeunes appartenant soit au secteur informel soit au groupe des chômeurs formels. Des individus avec trop de qualifications pour le travail qu’ils font ou sans qualification et vivant dans la misère. La révolte arabe, déclenchée par la protestation qui éclata dans la ville tunisienne de Sidi Bouzid après l’immolation du jeune Mohamed Bouazizi, le 17 décembre 2010, confirme largement cette idée : le chômage et la désillusion des jeunes favorisent la rébellion. Voir la vidéo ci-dessous :

Face au vent des révoltes et des révolutions qu’a traversé l’Afrique du Nord, les gouvernements cherchent à stimuler et à diversifier l’économie afin d’occuper cette jeunesse désespérée.

Le mardi 3 juillet, au Conseil économique et social des Nations unies, le ministre marocain de l’Emploi et de la formation professionnelle, Abdelouahed Souhail déclarait : « En tant qu’autorités publiques, nous avons l’obligation de redoubler d’efforts pour trouver du travail à nos jeunes. » Chiffres à l’appui, M. Souhail a fait observer que 81% des chômeurs sont des jeunes en Afrique du Nord. L’Association marocaine des Droits de l’Homme (Amdh) estime quant à elle, que 26,8% dES universitaires et deS diplômés d’études supérieures sont au chômage au Maroc, le taux le plus élevé du Maghreb. Après le Printemps arabe, les gouvernements semblent donc, au moins dans les discours, décidés à écouter la détresse de leur jeunesse.

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