29 juillet 2017 / Mis à jour à 13:53 - Paris  Newsletter  /    Alertes e-mail  /    English edition  /    Flux
Médias - Mode - Femmes
"Afrique, terre de tendances" : la mode africaine entre Niamey et Paris
Le documentaire de Max Court propose une analyse intéressante de cette industrie naissante. Le Festival international de la mode africaine (Fima), lancé en 1998 au Niger par le styliste Alphadi, est l’épicentre du documentaire Afrique, terre de tendances de Max Court. De Niamey à Paris, le réalisateur expose avec glamour et intelligence comment le continent africain a influencé de grands créateurs, puis comment les stylistes africains se sont emparés des richesses de leur continent et les défis à relever pour une industrie de la mode qui prend doucement son envol.

Tout commence au Niger, avec la première édition du Festival international de la mode africaine (Fima) qui se tient en 1998 à Tigidit. Le styliste Alphadi lance sur sa terre natale, en grandes pompes et en présence des plus grands noms de la Haute Couture, un évènement inédit dans l’univers de la mode en Afrique francophone. Depuis, tous les deux ans, le Fima est un rendez-vous incontournable pour les créateurs africains. Images chatoyantes des défilés en plein désert sont le prélude d’une enquête, aussi minutieuse qu’un documentaire de 52 minutes le permet, sur cette mode africaine. « C’est par hasard que j’ai commencé à travailler sur le sujet. En 2009, j’ai participé au Fima dans le cadre d’une formation que j’animais et qui était destinée à des journalistes africains francophones. Je ne connaissais rien à la mode. Mais j’avais envie de faire écho à ce dynamisme dont j’étais témoin, en être le relais grâce aux images que j’étais en train de faire », explique Max Court dont l’œuvre est la première incursion dans la réalisation.

Une voix off, aussi envoûtante que les créatures et créations du continent, raconte l’histoire d’un continent qui a infiltré progressivement la planète mode. Afrique, terre de tendances rappelle les inspirations africaines des grands couturiers français comme Yves Saint Laurent et Jean-Paul Gaultier. Mais aussi comment le premier a brisé un tabou en faisant défiler à Paris des mannequins noires, comme la sublime Katoucha, disparue en 2008. La richesse textile du continent, le poids de l’artisanat dans l’économie nigérienne – 24% du PIB du pays -, les difficultés des mannequins africains pour faire accepter leur métier à leurs proches et à en vivre sont autant de portes entrouvertes par Afrique, terre de tendances, diffusé pour la première fois, en janvier dernier, sur la chaîne dédiée à la mode, Stylia.

La mode africaine de fil en aiguille

Le documentaire de Max Court est aussi une galerie de portraits de stylistes qui, chacun à leur manière, constitue l’un des visages de cette mode africaine contemporaine. Celle qui se fait sur place, grâce par exemple à la foi sans faille et au talent de Sambo Style - le Nigérien fait fructifier l’héritage familial grâce à sa créativité - ou ailleurs. Le Camerounais Imane Ayissi, qui vit à Paris, n’est jamais loin de ses racines. Cependant, il a pris le parti de la métaphore pour les exprimer dans ses créations. Egalement dans l’Hexagone, le Sénégalais Sadio Bee a choisi, lui, de mettre en avant son continent en mélangeant ses imprimés à d’autres tissus. Afrique, terre de tendances, c’est aussi la sucess story du Malien Lamine Badian Kouyaté, créateur de la marque Xuly Bët, qui a mis la frippe à la mode. Tout comme son compatriote Chris Seydou avait mis en valeur le bogolan, tissu originaire du Mali.

Témoignages, rappels historiques et éléments factuels font du 52’ de Max Court un document intelligent sur la mode africaine, celle qui se fait ou se montre entre Niamey et Paris. Les contraintes socio-économiques de cette industrie en devenir sont mises en parallèle avec les richesses naturelles, en termes de textiles et d’artisanat, du continent. Le réalisateur français démontre ainsi, sans angélisme, que l’Afrique est une évidente terre de tendances.

- Afrique, terre de tendances, un documentaire de 52’ de Max Court



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