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Maroc - NTIC - Election
Maroc : Élections législatives et réseaux sociaux
Interview d’Antonin Tisseron, chercheur associé à l’Institut Thomas More, qui a réalisé une étude sur les réseaux sociaux marocains francophones.

Afrik.com : Pourquoi avoir réalisé une étude sur les réseaux sociaux marocains francophones ?
Antonin Tisseron :
L’Institut Thomas More a commandé cette étude à une société spécialisée dans l’analyse des opinions sur le web, Tendances Institut. Pour ce faire, et en s’appuyant sur l’importance des internautes au Maroc, Tendances Institut a extrait plusieurs milliers de publications relatives aux élections législatives sur les trois derniers mois pour les analyser, de manière quantitative et qualitative, et identifier les opinions de la jeunesse marocaine francophone intervenant sur Internet.

Afrik.com : Quels sont les résultats de cette étude, les principaux axes qui en ressortent concernant les attentes de la jeunesse marocaine ?
Antonin Tisseron :
Tendances Institut a identifié quatre grands axes : la jeunesse marocaine est davantage politisée aujourd’hui, elle est réellement préoccupée par une corruption considérée comme l’un des principaux problèmes du Maroc, elle craint pour son avenir et elle a du mal à se reconnaître dans les partis politiques. Reste, et c’est une limite à prendre en compte dans la mise en perspective de ces conclusions, que cette étude ne concerne que la jeunesse intervenant sur le web marocain francophone, c’est-à-dire une jeunesse plutôt éduquée et citadine.

Afrik.com : Après les élections tunisiennes et au regard du positionnement des Frères musulmans en Egypte, dans quelle mesure peut-on s’attendre à un mouvement identique au Maroc ?
Antonin Tisseron :
Derrière l’énoncé « Printemps arabe », il importe de prendre en compte la diversité des histoires et pratiques nationales. Contrairement à la Tunisie par exemple, où le parti islamiste Ennahda était interdit depuis 1989, plusieurs partis islamistes, dont notamment le PJD, sont intégrés depuis plusieurs années sur la scène politique. En ce sens, les deux pays ne sont pas comparables. De surcroît, l’analyse du web francophone montre une jeunesse à la fois très attentive et loquace sur le PJD, mais tout en restant dans sa majorité attentiste.

Afrik.com : Pensez-vous que l’on puisse s’attendre à une participation en hausse, alors que lors des législatives de 2007 le taux de participation se limitait à 38 % ?
Antonin Tisseron :
Plusieurs appels au boycott ont été lancés, notamment de la part du mouvement du 20 février et des islamistes du mouvement Justice et Bienfaisance. Mais dans le contexte général et au regard du taux de participation extrêmement bas des dernières élections législatives, on peut raisonnablement s’attendre à une participation en hausse, d’autant que les appels au vote se sont également multipliés sur le web. Par contre, on restera de toute façon très loin du taux de participation atteint lors du référendum de juillet dernier sur le changement constitutionnel.

* Voir la note « Élections législatives du 25 novembre au Maroc : enjeux pluriels et attentes autour d’un scrutin » et l’étude « Elections législatives du 25 novembre : quelles sont les attentes de la jeunesse marocaine ? » de Tendance Institut, sur http://www.institut-thomas-more.org.



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