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Algérie - Littérature
Yasmina Khadra ou l’Ecrivain Mohammed Moulessehoul
Yasmina Khadra. Dans son dernier livre, l’Ecrivain, Yasmina Khadra laisse tomber les polars et son pseudonyme. Yasmina Khadra n’est autre que Mohammed Moulessehoul, écrivain et ...officier supérieur algérien.

" Yasmina Khadra sont les deux prénoms de ma femme qui en a trois ! Elle ne les aimait pas, je les ai adoptés. Et ils m’ont porté chance ", confie en rigolant Mohammed Moulessehoul. Le véritable nom, l’identité officielle, est phagocyté, étouffé par le pseudonyme. Yasmina Khadra a eu le succès dont Mohammed Moulessehoul a rêvé. Schizophrénie. " Je sais départager les deux " personnes ". Ce sont les personnages qui m’imposent le style. Dans les polars, je me sens plus proche de Khadra que de Moulessehoul ". Etrange parcours que celui de l’Ecrivain. Officier supérieur dans l’armée algérienne, écrivain, au succès relatif dans son pays, et auteur de best-sellers en France, sous son nom d’emprunt. " Mes livres rencontrent plus de succès en Allemagne et en Italie ", précise Khadra-Moulessehoul.

Général es-lettres

Depuis la parution de " Morituri ", en 1997, Yasmina Khadra s’est imposé comme un écrivain incontournable. Ses romans policiers, au style fouillé, poétique dans l’absurdité et l’horreur, grinçant dans l’humour, l’ont classé d’emblée au sommet de la littérature. L’ancien cadet de la révolution (institution militaire pour orphelins) se fait une renommée internationale. Et tue le commissaire Llob, principal personnage de ses polars. Ses lecteurs sont désorientés, accrochés au sympathique anti-héros. Supprimer le héros pour faire vivre l’auteur ? " Je n’ai qu’à ouvrir la fenêtre pour trouver des héros. Il y en a plein dans la rue, il suffit d’ouvrir les yeux ", répond Moulessehoul.

Ce sont les islamistes qui tuent !

La polémique de " qui tue qui en Algérie ? " a le don d’énerver à la fois l’écrivain et l’ancien officier supérieur. " Ce sont des tissus de mensonges tous ces bouquins (cf en particulier " La sale guerre " et " Qui a tué à Bentalha ? ", édités à La découverte en France, Ndlr). J’ai été sur le terrain, en qualité d’officier, pendant huit ans et je n’ai jamais vu de crime perpétré par l’armée. Je n’ai aucune raison de mentir, car j’engage toute ma crédibilité d’écrivain ", s’indigne Moulessehoul.

Pour connaître le romancier algérien, il est indispensable de lire son dernier livre autobiographique avant de se faire plaisir en se rabattant sur ses polars. Ou l’inverse. Faites comme vous voulez, mais filez vers la première librairie.

Commander le livre : Edition Julliard.

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