21 octobre 2014 / Mis à jour à 17:13 - Paris  Newsletter  Alertes e-mail  English edition  Flux
Maroc - Pan Afrique - Développement - Femmes
Afrique : les femmes élues locales s’organisent
Leur premier forum se tient du 8 au 11 mars à Tanger. Les collectivités locales se conjuguent au féminin à Tanger pour la journée de la femme. Les élues locales africaines sont réunies au Maroc du 8 au 11 mars pour établir leur réseau.

De notre envoyée spéciale

Les élues locales africaines se rencontrent ce mardi à Tanger, au Maroc, dans le cadre de leur premier forum. Objectif : créer leur réseau. Organisée par Cités et gouvernements locaux unis d’Afrique (CGLUA), l’association qui rassemble les collectivités locales africaines, le forum célèbre la 100e édition de la journée de la femme en donnant corps au « premier des quinze programmes prioritaires » du plan triennal du CGLUA élaboré en 2010. Environ 12% des 15 000 communes que fédère le CGLUA sont dirigées par les femmes et le forum de Tanger se tient à leur initiative.

Jean-Pierre Elong Mbassi
Jean-Pierre Elong Mbassi

« C’est une demande des femmes élues locales exprimée lors du sommet Africités en 2009 », explique Jean-Pierre Elong Mbassi, le secrétaire général du CGLUA. « Elles ont estimé qu’elles pouvaient paraître quelque peu absentes dans leurs pays respectifs, mais qu’au niveau panafricain elles étaient très présentes. Pour défendre leurs intérêts, elles ont souhaité la mise en place d’un réseau », ajoute le responsable du CGLUA. A l’issue du forum, le réseau des femmes élues locales devrait par conséquent voir le jour, de même que la commission femmes du CGLUA qu’il constituera. Le comité exécutif du CGLUA ne compte pour l’heure qu’une femme, Marie Antoinette Alexis, maire de Victoria, la seule ville des Seychelles, et présidente de l’association des maires de ce pays. Tout en déplorant la situation, le président du CGLUA, le kenyan Tarayia Ole Kores, espère que le futur réseau des femmes maires apportera les changements souhaités. La rencontre de Tanger permettra également aux élues locales de s’exprimer sur les cinq objectifs prioritaires d’ONU femmes, entité des Nations unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes dont Michelle Bachelet, l’ancienne présidente chilienne est la directrice exécutive depuis sa création en 2010.

Un réseau pour mettre fin à la dictature de la cuisine

La ministre marocaine du Développement social
La ministre marocaine du Développement social

Accueillies par la ministre marocaine du Développement social, de la Famille et de la Solidarité Nouzha Skalli, près de 300 femmes élues locales africaines originaires de 38 pays et environ 200 de leurs consœurs du Maroc participent à cette rencontre inédite dans le monde de la gouvernance locale africaine. « La première des choses, c’est de connaître les gens et d’apprendre avec mes sœurs. Les réseaux que nous allons créer seront déterminants », affirme Aïssata Soumah, maire de Boffa depuis 2006, une localité de 3 400 habitants en Basse Guinée. L’élue locale fait partie de la délégation guinéenne qui réunit les cinq femmes maires de ce pays qui compte 38 communes urbaines et 304 communautés rurales (CRD). « Cette rencontre est aussi l’occasion de nous former afin d’être aussi compétentes que les hommes et être à même de leur arracher leur place. La femme représente tout de même plus de 50% de la population mondiale », poursuit la doyenne de la délégation, Maciré Fofana, 79 ans, qui dirige la commune de Forecariah et ses 12 622 administrés depuis une dizaine d’années.

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La délégation guinéenne. De la gauche vers la droite, Hadja Néné N’Koya Touré, maire de la commune de Matam (Conakry), Maciré Fofana, Doumbya Poïnke, maire de Gaoual, Aïssatou Soumah, Fatimatou Téliré Bah, maire de Pita.
De la gauche vers la droite, Hadja Néné N’Koya Touré, maire de la commune de Matam (Conakry), Maciré Fofana, Doumbya Poïnke, maire de Gaoual, Aïssatou Soumah, Fatimatou Téliré Bah, maire de Pita

« Ce n’est pas facile de se présenter aux élections, ajoute Aïssata Soumah, parce que les hommes nous veulent seulement sous le soleil pour les applaudir et danser pour eux ». « Les hommes considèrent que nos seules compétences se limitent à la cuisine et nous sommes l’objet d’intimidation quand nous entrons dans la compétition », renchérit Josephine Abeki, présidente du gouvernement local de Patani, dans le Delta du Niger, au Nigeria.

Josephine Abeki
Josephine Abeki

Pour cette femme responsable d’autorité locale, l’une des treize du Nigeria et l’unique dans le Delta du Niger, ce forum est l’occasion de faire « entendre la voix des élues locales » et de se pencher sur les difficultés qui sont les leurs. « C’est un encouragement parce qu’il nous permettra de trouver des solutions à nos problèmes, note-t-elle. Par exemple, nous n’avons pas les moyens de faire campagne - il faut imprimer des affiches, des supports de campagne, transporter les militants-, contrairement à nos collègues masculins qui ont l’avantage d’être sur la scène politique depuis plus longtemps. Il y a véritablement (sur cette question) une inégalité de genre ». Le forum des élues locales africaines, qui prendra fin le 11 mars prochain, a l’ambition de trouver les moyens de l’atténuer dans les collectivités locales en Afrique.

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