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Coups de crayons de "burqaricaturistes"
Les dessinateurs sont inspirés par la burqa. Peter de Wit, Luz et Eva Schwingenheuer sont des caricaturistes. Leur point commun : avoir tourné en dérision la burqa. Leurs dessins choquent certains et font sourire d’autres.

« Merde, il va encore falloir que je dessine sur le sujet. Qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire ? Une burqa-cahuète ? ». Cette boutade de Luz à ses collègues de Charlie-hebdo donnera naissance à une myriade de "burqa-lembours". La trame de l’album ? Le fameux habit grillagé prend la forme d’une carpe et devient "burqarpe" ou d’une caille pour se métamorphoser en "burqaille", quand il ne devient pas une "burqalachnikov". Si le procédé des "burqa-lembours" plaît au point que, selon Luz, « des lecteurs proposent de nouveaux calembours », ce jeu graphique vise essentiellement à combattre un symbole par d’autres symboles.

"Burka", Eva Schwingenheuer
"Burka", Eva Schwingenheuer

Les burqas d’Eva Schwingenheuer sont également des détournements de cet habit qu’elle trouve absurde. Sous sa plume sont nées une "bunny burqa" et "une burqa Marylin" qui reprend l’image de la robe soulevée par une bouche de métro. On trouve même dans son album Burka, comble de l’ironie, une "burqa tapin" où la fente qui laisse d’habitude entrevoir les yeux de la femme montre son sexe. Si l’auteure n’était pas une femme, ce type de dessins aurait certainement été qualifié de misogyne comme ont pu l’être les Burqa fashionista du hollandais Peter de Wit. Mais au-delà du dessin de deux femmes en burqa, ce sont les textes du Hollandais qui font débat : « C’est affreusement gênant, on est habillées pareil », dit l’une. Quelques vignettes plus loin, une autre conseille à l’autre de porter un string sous sa burqa, car on voit son slip. Une femme en burqa se fait ensuite traiter de « salope » par deux autres pour avoir un sac de lingerie à la main.

"Burka", Eva Schwingenheuer
"Burka", Eva Schwingenheuer

« Faire tomber la burqa »

« C’est important de rire et de ne pas se prendre au sérieux, cela inclut la burqa », rappelle Peter de Wit. Les trois caricaturistes s’entendent pour condamner le vêtement qui empêche de voir les formes féminines, mais aussi les expressions du visage. Luz voit le voile intégral comme « quelque chose d’extra-terrestre et d’incroyable qui représente l’exploitation de la femme par l’homme ». « Symbole de l’inégalité homme-femme » pour Eva Schwingenheuer, mais surtout, vêtement « absurde » pour les trois dessinateurs, qui ont cherché à le rendre plus saugrenu encore.

"Burqa fashionista", Peter de Wit
"Burqa fashionista", Peter de Wit

Les croqueurs de femmes recouvertes de la tête aux pieds se retrouvent, une fois n’est pas coutume, à aller dans le sens des hommes politiques qui souhaitent interdire la burqa. Peter de Wit élude la question : « je suis un dessinateur de bande dessinée, pas un caricaturiste politique ». Luz affirme quant à lui son utilité dans le débat : « on transforme les symboles : on en enlève la logique politique et même religieuse. A Charlie-hebdo, les anciens ont fait tomber les tabous de l’amour et de la mort dans les années 1970. Aujourd’hui, on doit faire tomber la burqa. »

Burqa fashionista, Peter de Wit
Burqa fashionista, Peter de Wit

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Burka d’Eva Schwingenheuer
Burqa fashionista de Peter de Wit
Burqalembours de Luz



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