23 mai 2017 / Mis à jour à 01:06 - Paris  Newsletter  /    Alertes e-mail  /    English edition  /    Flux
Somalie - Conflit - Terrorisme
Al-Qaïda étend son réseau en Somalie
Deux mouvements islamistes somaliens ont décidé d’adhérer à la nébuleuse terroriste. Les milices Shebab et Kamboni ont décidé de rejoindre Al-Qaïda après avoir conclu une alliance. Ayant déjà semé la mort parmi les Somaliens de toutes confessions, elles ont annoncé qu’elles cibleraient la minorité chrétienne du pays.

Deux des mouvements islamistes qui ensanglantent la Somalie ont décidé d’adhérer à Al-Qaïda, l’organisation terroriste internationale. Vendredi dernier, les Shebab, un des mouvements guerriers les plus actifs autour de Mogadiscio, ont annoncé avoir conclu une alliance avec la milice rebelle Kamboni, implantée à Kismayo, un port du sud du pays. Les deux groupes ont décidé de faire allégeance à Al-Qaïda.

Objectif : combattre la minorité chrétienne de Somalie, tel qu’ils l’ont indiqué dans un communiqué publié vendredi. « Nous avons décidé de rejoindre le Djihad international d’Al-Qaïda (...) Nous avons également décidé d’unir les moudjahidine (combattants) d’Al Chabaab et de Kamboni pour libérer l’Est et la corne de l’Afrique actuellement sous le joug de chrétiens minoritaires », indique le communiqué.

Les chrétiens de Somalie sont très peu nombreux. La plupart d’entre eux sont rattachés à l’Église éthiopienne orthodoxe, et une centaine de catholiques vivent dans un seul diocèse, celui de Mogadiscio. La menace d’Al Chabaab et de Kamboni pourrait ainsi viser plus largement les troupes éthiopiennes qui, fin 2006 étaient intervenues en Somalie, et aussi les soldats ougandais et burundais de la Force de paix de l’Union africaine en Somalie (Amisom) déployée à Mogadiscio.

Al Chabaab compterait quelques 5000 hommes, selon les spécialistes. Ces dernières semaines, cette milice a revendiqué plusieurs attaques meurtrières dans la région de Mogadiscio. L’alliance avec la milice Kamboni devrait augmenter ses effectifs de quelques centaines de nouveaux combattants.

Un pays ruiné par la guerre

Désormais considéré comme un pays en faillite, la Somalie n’a plus de gouvernement stable depuis vingt ans. Plusieurs chefs de guerres y ont trouvé un terrain propice aux affrontements meurtriers. Et chaque jour apporte son cortège de morts. Quelques 16 personnes ont ainsi été tuées et 70 autres blessés à Mogadiscio, dans la nuit de dimanche à lundi. Ces trois dernières années, au moins 21 000 personnes ont perdu la vie à cause des combats, et un million et demi d’autres ont dû se déplacer.

Le gouvernement du cheikh Sharif Ahmed, ancien dirigeant des tribunaux islamiques élu président fin décembre 2008, souhaite un renforcement de la présence militaire de l’Union africaine. Constitué de 5000 soldats burundais et ougandais, la force de maintien de la paix de l’UA en Somalie s’avère à la fois sous-équipée et inefficace. L’Etat de Djibouti a annoncé jeudi dernier l’envoi de 450 soldats.

Les Etats-Unis qui considèrent depuis quelques années la Somalie comme l’un des foyers les plus actifs d’Al Qaeda en Afrique déclenchent sporadiquement des actions ciblées à Mogadiscio et ses environs. Pas de quoi inquiéter outre mesure les mesures les seigneurs de la guerre qui mettent le pays à feu et à sang.



à la une




communiqués

afrik-foot