29 novembre 2014 / Mis à jour à 21:41 - Paris  Newsletter  Alertes e-mail  English edition  Flux

Madagascar - Politique
Madagascar : la communauté internationale conteste le pouvoir de Rajoelina
L’Union africaine a suspendu la Grande Île. La prise de pouvoir d’Andry Rajoelinae à Madagascar suscite de la contestation au sein de la communauté internationale. L’Union européenne, la SADC, l’Union africaine ont jugé anticonstitutionnel le processus qui a conduit Andry Rajoelina au pouvoir. L’organisation panafricaine a annoncé ce vendredi matin la suspension de la Grande Île de ses principales instances.

Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine a décidé ce vendredi de suspendre Madagascar de la « participation aux institutions et organes de l’Union ». Pour l’organisation panafricaine, le processus ayant mené l’ancien maire déchu de la capitale malgache au pourvoir est « anticonstitutionnel ».

« Il y a eu un coup d’Etat, ce n’était pas une élection démocratique », a indiqué jeudi pour sa part la présidence tchèque de l’Union européenne à propos de l’accession au pouvoir d’Andry Rajoelina. Plus tôt, la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) a refusé de reconnaître le pouvoir du nouvel homme fort de Madagascar et a exigé le retour « d’un régime démocratique et constitutionnel le plus rapidement possible ». Les dirigeants d’Afrique australe qui étaient réunis, au Swaziland, pour un mini-sommet sur la situation dans l’île, ont demandé au reste de la communauté internationale de s’aligner sur leur décision. Le bureau exécutif de la SADC a également indiqué qu’il recommandera que des sanctions soient prises à l’encontre du pays.

Rajoelina prépare son installation

Les Etats-Unis, pour leur part, ont qualifié de « non-démocratique » ce changement intervenu à la tête du pays, et la France, ancienne puissance coloniale, a indiqué que « le délai de 24 mois annoncé pour l’organisation de nouvelles élections est trop long. » Selon le porte-parole du ministère des Affaires étrangères de l’Hexagone, « dans ce type de situation exceptionnelle, la communauté internationale souhaite que la démocratie puisse s’exprimer le plus rapidement possible ».

Alors que des condamnations fusent, Andry Rajoelina prépare son installation - un terme que Rajoelina préfère à investiture- à être à la magistrature suprême ce samedi par la par la Haute Cour constitutionnelle de Madagascar. Cette dernière avait déjà officiellement entériné, mercredi, son accession au pouvoir. D’après le Premier ministre de transition, Monja Roindefo, ce qui s’est passé à Madagascar est « l’expression directe de la démocratie, quand la démocratie représentative ne s’exprime pas à travers les institutions ». M. Roindefo a affirmé que les condamnations de la communauté internationale « n’embêtent pas outre mesure » la nouvelle administration. Les gens « ont le droit de réagir, s’ils n’ont pas bien compris le processus. », a-t-il déclaré. Ce qui serait « embêtant », a-t-il indiqué, c’est qu’ils maintiennent leur position après les « plaidoiries » de la nouvelle équipe dirigeante de la Grande Île.


dossier
Le président malgache, Marc Ravalomanana, et le jeune maire d’Antananarivo, Andry Rajoelina, ont engagé un bras de fer en janvier 2009. Plusieurs dizaines de personnes ont été tuées au cours des manifestations qui ont émaillé le mouvement de contestation engagé par le maire de la capitale.


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