23 novembre 2014 / Mis à jour à 11:40 - Paris  Newsletter  Alertes e-mail  English edition  Flux

Madagascar - Conflit - Politique
Ravalomanana cède le pouvoir à l’armée et Rajoelina le confisque
Les membres du « directoire militaire » mis aux arrêts par l’opposition. Un « directoire militaire » a hérité ce mardi, à Madagascar, des « pleins pouvoirs » que lui ont conféré Marc Ravalomanana, selon un communiqué diffusé par la présidence malgache. Mais ses membres ont été arrêtés dans la foulée par des éléments de l’armée fidèles à l’opposant Andry Rajoelina. Ce dernier s’est engagé dans un bras de fer avec le président sortant depuis fin 2008 qui a causé la mort de plus d’une centaine de personnes.

Marc Ravalomanana a confié ce mardi « les pleins pouvoirs » à un « directoire militaire » dont les membres ont été arrêtés par une fraction de l’armée fidèle à l’opposant Andry Rajoelina. Selon le communiqué, publié par la présidence de la République, le pouvoir présidentiel a été transmis au directoire militaire « dirigé par le plus ancien dans le grade le plus élevé, toutes armes confondues ». Mais d’après le plus important portail malgache en France, Sobika, le vice-amiral Ramaroson Rarison Hyppolite (le plus ancien et le plus gradé des chefs militaires malgaches, ndlr) et les quatre généraux chargés de mettre en place cette structure « ont été arrêtés par l’armée d’Andry Rajoelina ». L’Union africaine avait invité les militaires à ne pas transmettre le pouvoir à l’opposant. « Nous pensons qu’il n’est pas constitutionnel que Rajoelina prenne le pouvoir (...) », avait déclaré l’ambassadeur burkinabè Bruno Nongoma Zidouemba au nom de l’organisation panafricaine. En principe, selon l’ordonnance 2009-001 en date du 17 mars 2009, signée par Marc Ravalomanana, le directoire doit exercer « cumulativement les fonctions du Président de la République et celles du Premier Ministre qui leur sont dévolues par la Constitution » et organiser « les élections qui s’imposent dans les délais n’excédant pas 24 mois ».

Andry Rajoelina veut régner à la place de l’armée

Le maire déchu d’Antananarivo, leader de la fronde populaire qui secoue le pays depuis le 26 janvier dernier, s’est déjà emparé ce mardi du palais présidentiel déserté par Marc Ravalomamana. L’armée avait pris possession des lieux la veille au soir. Face Andry Rajoelina, l’ambitieux homme d’affaires, devenu président, a fini par capituler après avoir affirmé qu’il ne démissionnerait « jamais ». D’après le communiqué diffusé, Marc Ravalomamana aurait pris une décision « difficile » dans « l’intérêt suprême de la nation, devant les divergences de vues aussi bien au niveau des Armées qu’au niveau des citoyens ». Il a également appelé ses concitoyens au calme et remercié le « peuple Malgache , (les) collaborateurs, la communauté internationale, les partenaires de Madagascar pour tout ce qui a été réalisé jusqu’ici ».

Sept après avoir arraché le pouvoir à Didier Ratsiraka, Marc Ravalomanana a été obligé d’y renoncer à son tour, au terme d’une crise dont son prédécesseur est indirectement à l’origine. La chaîne de télévision privée Viva, détenue par Andry Rajoelina, avait été interdite d’émettre le 13 décembre après la diffusion d’un entretien avec l’ex-président Didier Ratsiraka en exil dans l’Hexagone. A la suite de cette décision, Andry Rajoelina rassemble, le 17 janvier, plus de 20 000 personnes sur la place du 13-Mai, devenu le haut lieu de la contestation malgache. A 34 ans, le jeune maire d’Antananarivo s’érige comme le leader d’un mouvement contre le régime de Ravalomanana qu’il qualifie de « dictature générale ». Le 26 janvier, une autre manifestation organisée à l’appel d’Andry Rajoelina se transforme en émeutes. La crise politique, qui commence alors, fera plus d’une centaine de morts dans un pays où règne toujours la confusion la plus totale au sommet de l’Etat.


dossier
Le président malgache, Marc Ravalomanana, et le jeune maire d’Antananarivo, Andry Rajoelina, ont engagé un bras de fer en janvier 2009. Plusieurs dizaines de personnes ont été tuées au cours des manifestations qui ont émaillé le mouvement de contestation engagé par le maire de la capitale.


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