16 décembre 2017 / Mis à jour à 07:53 - Paris  Newsletter  /    Alertes e-mail  /    English edition  /    Flux
France - Immigration - Racisme - Diversité
Statistiques ethniques : Yazid Sabeg contesté
Le commissaire français à la diversité et à l’égalité des chances relance le débat. « Le sentiment d’appartenance à une communauté » : c’est sur cette base que commissaire à la diversité et à l’égalité des chances, Yazid Sabeg, veut élaborer des outils pour mesurer la diversité en France. Le projet, qui devrait être soumis au président Sarkozy le 20 mars prochain, est loin de faire l’unanimité.

Le débat sur les statistiques ethniques de nouveau sur le tapis. Le commissaire à la diversité et à l’égalité des chances, Yazid Sabeg a dévoilé, lundi dans interview sur Europe 1, les grandes lignes de son plan d’action pour lutter contre les discriminations en France. Mesure clé : la mise en place d’un outil d’évaluation de la diversité. Plutôt que sur le patronyme ou l’origine, celui-ci se baserait sur le « sentiment d’appartenir à une communauté ». A droite comme à gauche, les critiques ne cessent de pleuvoir.

« La fin de la République »

Malek Boutih, membre du bureau national du PS et ancien président de SOS Racisme, voit dans cette proposition un « non-dit » qui « renvoie aux critères ethnique les plus classiques ». « Elle prend comme préalable que le marquage communautaire ethnique est la solution incontournable au problème (de la discrimination, ndlr), alors même qu’il n’y a pas de travail de fond pour connaitre les difficultés auxquelles les gens son confrontés », a-t-il dénoncé, dans un entretien paru mardi sur les colonnes de Libération. Selon lui, cette mesure sonnerait « la fin de la République une et indivisible » si elle venait à être appliquée.

« Notion floue »

Etablir des statistiques sur la base du sentiment d’appartenance, l’idée ne séduit pas non plus du côté du Haut Conseil à l’Intégration (HCI). Patrick Gaubert, son président, s’est dit « opposé à toutes mesures à caractère ethnique de la population française », lundi 9 mars, dans un communiqué parue au Nouvel Observateur. Patrick Gaubert juge tout simplement « pas recevable » une donnée « aussi subjective » que le sentiment d’appartenance, signalant au passage que « le patronyme » et le « lieu de naissance » ont « fait jusqu’ici leurs preuves sans susciter de vagues ». Le Président du HCI attend du « Commissaire des précisions sur le contenu de cette notion aux contours flous ».

Copé « hésitant »

Même son de cloche chez l’association Ni Putes Ni Soumises (NPNS), dont la présidente, Siham Habchi, voit en Yazid Sabeg « le cheval de Troie des communautaristes » en France. Dans une intervention sur Europe 1, mardi, elle s’insurge : « après l’assignation à résidence dans nos quartiers ghettos, les tests ADN, on continue à nous exclure de la communauté nationale, en nous demandant de nous définir par nos origines « communautaires ». Nous proposer de choisir entre identité nationale et identité communautaire, cela relève tout simplement de la schizophrénie ».

Le président du groupe UMP à l’Assemblé nationale, Jean-François Copé s’est dit, lui, « très hésitant » sur la méthode préconisée par M. Sabeg. « Je voudrais d’abord, avant de me prononcer, comprendre quel est le projet », a-t-il déclaré mardi sur i-Télé. Le projet de loi sur la « mesure de la diversité » sera proposé à Nicolas Sarkozy le 20 mars prochain. Si le président donne son feu vert, le texte sera soumis au Parlement et au Sénat. Les débats s’y annoncent d’ores et déjà houleux.



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