A bas la mini-jupe !


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Nasba Buturo, le ministre ougandais de l’éthique et de l’intégrité a déclaré mercredi que les mini-jupes devaient être interdites, arguant que ce vêtement distrairait les conducteurs et serait la cause de nombreux accidents. Une déclaration qui n’a pas laissé de marbre la population ougandaise.

En Ouganda, les femmes doivent maintenant ranger leurs mini-jupes dans leurs armoires. Le ministre ougandais de l’éthique et de l’intégrité Nasba Buturo a demandé mercredi l’interdiction du port de ce vêtement. Pour lui, la mini-jupe distrairait les conducteurs et serait la cause de nombreux accidents de la circulation. « La mini-jupe, c’est la même chose que d’être nu pour moi », a expliqué le ministre aux journalistes venus l’interroger. « Ce vêtement peut causer des accidents chez des personnes faibles », ajoute-t-il. Des propos qui n’ont pas manqué de faire rire les reporters présents lors de la conférence de presse tenue par le ministre. Pourtant Nasba Buturo ne rigole pas. Le port « indécent » de la mini-jupe sera puni par la loi.

L’un des trop nombreux « vices » de la société ougandaise

Pour le ministre, le port de tenues indécentes stigmatise les nombreux vices de la société ougandaise que sont « le vol et le détournement de fonds publics (…), l’avidité, la prostitution, l’homosexualité et le sectarisme », liste M. Buturo.
Plus tôt cette année, l’université de Kampala avait décidé d’imposer une tenue réglementaire aux femmes fréquentant ses murs. Un journaliste de la BBC s’est rendu sur ce campus pour questionner les femmes sur la décision du ministre de l’éthique et de l’intégrité. Si certaines sont contre l’interdiction de la mini-jupe, d’autres comme Sharon expliquent que « les tenues étriquées ne sont pas bonnes » arguant que « les Africaines, en femmes dignes, doivent se dissimuler ».

Moralité : il ne faut pas minimiser le pouvoir des jambes nues sur les hommes « faibles »…

Stéphanie Plasse
LIRE LA BIO
Stéphanie Plasse est une journaliste d'investigation française. Elle a débuté au sein de la rédaction d'Afrik.com de 2007 à 2010 avant de collaborer avec de nombreux médias de référence : Disclose, StreetPress, TV5 Monde Les Jours, mais aussi Slate.fr, Slate Afrique, Rue 89 et Les Inrocks . D'abord spécialisée dans l'actualité africaine, elle s'est ensuite orientée vers les enquêtes et reportages de société en France, avec un engagement particulier pour les questions de handicap et de violences sexuelles. Ses investigations sur les discriminations subies par les femmes handicapées et les défaillances dans leur prise en charge par les forces de l'ordre ont contribué à mettre en lumière des réalités trop longtemps invisibilisées.
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