Pour ses lyrics explicites et conscients ??(c’est un terme lier au rap politique !), Balo’ utilise des mots affûtés, va chercher au tréfonds de sa mémoire blessée les souvenirs, les odeurs, les images de son enfance. « Tout ceci ne vous rendra pas le Congo » est à ce titre la pierre angulaire de l’album, avec son texte fleuve d’une centaine de rimes et ses flashes surgis du passé (« J’ai beau fermer les yeux, j’ai encore ces visions/De corps avachis sur le sol de la route de la perdition »).
Dans « Entre les lignes », Baloji raconte son arrivée en Belgique et la rencontre avec sa belle-famille. Baloji ne joue pas la star ni le gangster d’opérette. « Ostende Transit » exorcise les plaies de l’enfance (« Je suis né d’un accident et ça a une incidence/Sur le cours de ma vie, sur mon existence »).
Sur « Repris de justesse », Balo’ raconte ses 3 années de vie de sans-papiers, avant qu’il n’obtienne le sésame ultime, sa carte d’identité belge. L’album se conclut bien naturellement par la reprise d’un inédit de Marvin Gaye, rebaptisé Nakuenda (« rentrer » en swahili), un titre aux paroles prédestinées (« I’m going home to see my mother. I’m going home to see my dear old dad... »), le second monument de ce premier album.
La production de Baloji est racée, truffée de cuivres rutilants, de guitares funky et de groove grave. Sur des beats organiques et des instrumentaux ambitieux, Hotel Impala fait appel à près de 56 musiciens dont des chorales, des cordes, des beatmakers… Quelques invités de marque aussi, dont Amp Fiddler, le chanteur-clavieriste americain qui tourne avec Parliament/Funkadelic et Prince, Ella Woods, la chanteuse des Platters, Gabriel Rios et les Glimmerstwins. Balo’ compose 6 des 17 titres de ce LP mixé par Philippe Weiss (NTM, Diam’s, Aznavour).
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