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Société - Afrique du Nord - Algérie - Santé

De nouveaux virus menacent les Algériens
Insalubrité, urbanisation anarchique et changements climatiques

L’apparition de nouveaux virus et de maladies émergentes qui les accompagnent constitue le nouveau défi des scientifiques qui craignent le pire. L’Algérie ne sera pas ainsi épargnée. L’insalubrité qui règne dans toutes les villes du pays est l’une des origines de ce danger qui guette les populations. Les rats et les moustiques sont désormais considérés comme les premiers ennemis de l’homme.



mercredi 14 novembre 2007, par notre partenaire El Watan


Le retour de la peste ou l’apparition dans nos villes de la dengue, de la chikungunya ou la fièvre de la vallée du Rift ne sont pas écartées, selon les scientifiques. Plusieurs indicateurs naturels et environnementaux le montrent. Ces maladies sont pour la majorité transmises par des insectes qui peuvent entraîner la mort, et pour certaines maladies, à ce jour, il n’existe ni vaccin ni traitement. Un groupe de virus tels les hantavirus et le West Nile qui se reproduit dans les fossés, les mares, les bassins et aime l’eau polluée, peut faire partie de l’arsenal des virus attendus. Les scientifiques ne manquent pas de signaler que ce genre de virus sillonne la planète. Les changements climatiques sont aussi un facteur favorisant le développement de toutes ces maladies à vecteurs. On assiste à l’arrivée de maladies tropicales dans le Nord, fait remarquer le professeur Bouguermouh, virologue et chercheur à l’Institut Pasteur d’Algérie. Les facteurs humains favorisent aussi l’émergence de maladies infectieuses avec l’urbanisation, le transport, l’absence de mesures d’hygiène.

La dengue et la chikungunya en Algérie

L’inquiétude règne au sein de la communauté scientifique d’autant que certains experts redoutent une migration de certains virus jusque-là connus en Afrique vers le Nord. Le professeur Bouguermouh n’écarte pas l’arrivée en Algérie de la dengue qui sévit dans les zones intertropicales et qui a été à l’origine d’importantes épidémies. L’émergence du virus de cette maladie en Amérique latine a été favorisée par l’évolution démographique, l’urbanisation non contrôlée et la paupérisation. Le virus West Nile est aussi redouté, surtout que la région de Timimoun en a connu, en 1194, les traces. Le virus a touché une cinquantaine de personnes dont 8 décès. Ce même virus a envahi les Etats-Unis en 1999 et a provoqué des cas mortels. La dengue qui se présente sous forme d’une grippe est tout aussi méchante. Elle a été détectée en 1927 en Tunisie, en 1928 à Oran. Le virus de la vallée du Rift peut aussi, selon le professeur Bouguermouh, faire son apparition.

L’infection virale de Bel Abbès

L’alerte épidémique déclenchée en août dernier peut être considérée comme l’arrivée d’un premier virus jamais détecté en Algérie. Cet épisode peut alors être inscrit dans la logique des scientifiques, celle de voir de nouveaux virus arriver. D’ailleurs à ce jour, les résultats définitifs ne sont pas encore connus et des examens sont toujours en cours pour isoler le virus. D’ailleurs, un communiqué du ministère de la Santé a affirmé que les diverses explorations menées lors de l’investigation de cet épisode épidémique tant à Sidi Bel Abbès qu’à Oran, au CHU de Béni Messous (Alger), au Centre national de toxicologie (CNT) et à l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA) ont révélé qu’un processus de nature infectieuse était à l’origine de ce syndrome rénal. Ces enquêtes ont permis d’éliminer, selon le même communiqué, toute origine toxique, bactérienne ou parasitaire.

« L’hypothèse d’infection virale a été alors posée devant le contexte clinique, biologique et le mode d’expression épidémiologique. Cette hypothèse a été confortée par les résultats des examens spécialisés qui ont été réalisés auprès de l’Institut Pasteur d’Algérie et qui ont conclu à une infection par un virus ARN (acide ribonucléique) de type hantavirus de la famille des bunyaviridae dont la transmission à l’homme se fait par l’intermédiaire des rongeurs. » Cette infection par ce virus, encore inconnu en Algérie, a été décrite par ailleurs, a rappelé le ministère de la Santé, dans le monde dans les régions où se trouvent les réservoirs (rongeurs), notamment en Chine, en Corée, au Japon, en Scandinavie et dans la communauté des Etats indépendants ; d’autres types de hantavirus ont été isolés chez le rat dans plusieurs grandes villes asiatiques et occidentales, y compris aux Etats-Unis et au Brésil. Les virus à l’origine du SPH (Sin Nombre, New York, Black Creek Canal, Bayou, Laguna Negra, Andes) ont été isolés dans les deux Amériques ; le virus Hantaan circule principalement en Asie, le virus Puumala en Europe (notamment en Finlande, en Belgique et en France où 40 cas ont été enregistrés durant le premier semestre 2007), et le virus Séoul, partout dans le monde.

L’Angine blanche de Béjaïa

D’autres maladies sont aussi apparues cet été telles que l’angine blanche qui s’est traduite par l’hospitalisation de 190 personnes au mois de septembre dernier. Selon toujours le ministère de la Santé, « les analyses effectuées à Béjaïa et à l’IPA ont mis en évidence le diagnostic d’angine blanche. Des examens se poursuivent pour permettre l’isolement et l’identification du germe en cause ». Ces deux cas importants auxquels s’ajoute l’épidémie de thyphoïde enregistrée à El Oued au cours de cette année ne constituent pas un signe suffisant pour dire que cela n’est que le début de ce que prédisent les scientifiques.

Djamila Kourta, pour El Watan



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