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50ème anniversaire de l’UA : « L’Union Africaine est un syndicat de présidents »
Nkosazana Dlamini-Zuma, présidente de la Commission de l’Union Africaine (UA)

L’Union Africaine (UA) célèbre, ce 25 mai, son 50ème anniversaire. Créée le 25 mai 1963 à Addis-Abeba, dans la capitale éthiopienne, l’UA survit toujours en pleine crise. Au moment où une bonne partie du continent africain sombre dans une profonde crise politico-sociale, son importance est de plus en plus remise en question et sa marge de manœuvre réduite. Aujourd’hui, de plus en plus de voix lui réclament plus d’implications dans les affaires politiques, économiques et sociales du continent.

A l’occasion de ce 50ème anniversaire, Afrik.com a interrogé Antoine Glaser, fondateur et ancien rédacteur en chef de La Lettre du Continent. Il revient sur les réalisations et les échecs de l’Union Africaine (UA) durant un demi-siècle d’existence.

Afrik.com : Que symbolise pour vous le 50ème anniversaire de l’Union Africaine ?
Antoine Glaser :
Pour moi, ce 50ème anniversaire symbolise l’an 01 du réel démarrage de l’Union Africaine. Il doit y avoir un rapprochement entre les deux grands pays du continent : le Nigeria et l’Afrique du Sud. Les pays africains doivent également s’entendre pour régler les problèmes du continent. C’est la Libye qui assurait la survie de l’Union avant. Celui qui paye, commande, bien sûr. Donc c’est Kadhafi qui imposait ses directives. Mais la situation a changé et Il doit y avoir une prise de conscience de la part des chefs d’Etat.

Afrik.com : Qu’est-ce qui a été fait par l’UA pendant ce demi-siècle d’existence ?
Antoine Glaser :
L’UA a fait un certain nombre de tentatives pour régler des problèmes dans quelques pays africains. Mais on ne peut pas dire que le bilan a été extraordinaire. L’UA n’a pas su compter sur ses propres forces et il y a eu une grande dépendance envers la Communauté internationale. Les décisions de l’UA n’ont pas abouti. Les antagonismes rendent difficiles les progrès de l’Union. Il n’y a eu aucune unité.

Afrik.com : Pourquoi la réputation de l’UA s’est considérablement dégradée ces dernières années ?
Antoine Glaser :
C’est la responsabilité des chefs d’Etats africains en fait. Pour moi, l’UA est une sorte de syndicat de présidents. Les présidents s’entendent sur une chose : n’ingérez pas dans nos affaires intérieures. C’est une organisation qui a beaucoup de mal à régler les problèmes des Africains.

Afrik.com : Qu’est-ce-qui explique l’échec de l’UA pendant les récentes guerres au Nord-Mali et en Libye ?
Antoine Glaser :
Absolument !, vous avez raison de parler d’échec. Il s’agit bien d’un échec. Les chefs d’Etats de l’UA disent souvent que c’est un manque de moyens qui les a empêchés d’intervenir au Nord-Mali et en Libye. Mais la réalité est qu’il y a un grand antagonisme entre eux. L’Union Africaine manque réellement de structure. Il faudrait une orientation générale de l’Union pour faire bouger les choses.


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