ZLECAf : à Doha, Wamkele Mene veut faire de l’Afrique une destination d’investissement


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ZLECAf : à Doha, Wamkele Mene veut faire de l'Afrique une destination d'investissement
Wamkele Keabetswe Mene

Au Forum mondial de l’investissement, qui se tient à Doha du 25 au 27 octobre 2026, le secrétaire général de la ZLECAf, Wamkele Mene, a plaidé pour attirer davantage de capitaux vers l’Afrique et transformer ses ressources sur place. Minerais critiques, financement privé et industrie textile étaient au cœur de ses interventions.

L’Afrique veut davantage que vendre ses matières premières. Elle entend attirer les investissements nécessaires pour les transformer sur place, développer ses industries et renforcer les échanges entre ses économies. C’est le message défendu par Wamkele Mene lors du 9e Forum mondial de l’investissement, organisé à Doha du 25 au 27 octobre 2026 par ONU Commerce et développement (CNUCED) et l’État du Qatar.

Pour le secrétaire général de la ZLECAf, l’intégration du marché africain constitue un levier pour rendre le continent plus attractif aux yeux des investisseurs. Selon le Secrétariat de la ZLECAf, cet espace économique rassemble environ 1,4 milliard de personnes et représente un produit intérieur brut cumulé proche de 3 400 milliards de dollars.

Des capitaux pour transformer les ressources africaines

Le 25 octobre, lors d’un panel consacré aux partenariats d’investissement dans les minerais critiques, Wamkele Mene a insisté sur la nécessité de relier les pays producteurs aux industries de transformation et de fabrication. L’objectif est de faire en sorte que les ressources minières contribuent davantage à l’industrialisation du continent, notamment dans les filières des batteries et de l’automobile.

La République démocratique du Congo et la Zambie ont été citées pour leurs efforts, avec le soutien d’Afreximbank, en vue de développer des zones économiques spéciales dédiées à la production de batteries. Le responsable de la ZLECAf a également évoqué l’objectif de mobiliser jusqu’à 100 milliards de dollars d’investissements dans le cadre de l’Initiative africaine pour l’industrialisation verte.

Au-delà des annonces, le défi reste de convertir les ressources naturelles et les projets industriels en investissements effectifs. Wamkele Mene a appelé les institutions africaines de financement du développement à prendre une part active aux grands projets, aux côtés des investisseurs internationaux. Il a aussi plaidé pour un assouplissement des restrictions aux mouvements transfrontaliers de capitaux et pour des mécanismes de rehaussement de crédit susceptibles de réduire la perception du risque associé aux investissements en Afrique.

Mobiliser le secteur privé et sécuriser les financements

Le 26 octobre, lors d’un panel consacré au rôle du secteur privé dans le financement du développement, le secrétaire général a mis l’accent sur la capacité des institutions financières africaines et des banques commerciales à mobiliser des ressources privées. Il a présenté le Protocole de la ZLECAf sur l’investissement comme un instrument destiné à améliorer l’environnement des affaires par une plus grande cohérence des principes réglementaires entre les États parties, en complément des politiques nationales.

Wamkele Mene a également proposé la mise en place d’une plateforme continentale destinée à présenter les opportunités d’investissement et à les adosser à des mécanismes de financement syndiqué.

Cette recherche de financements intervient dans un contexte international marqué par la concentration des investissements. Selon la CNUCED, les investissements directs étrangers mondiaux ont progressé de 6 % pour atteindre 1 600 milliards de dollars en 2025, mais plus de 80 % des flux se sont dirigés vers seulement vingt économies. L’Afrique a reçu 70 milliards de dollars, soit un tiers de plus que sa moyenne de 2010-2024, mais moins qu’en 2024.

Le textile du Lesotho, autre débouché pour le marché africain

La stratégie défendue à Doha ne concerne pas uniquement les industries extractives. En marge du forum, Wamkele Mene a rencontré, d’après les informations rapportées, le Premier ministre du Lesotho, Samuel Ntsokoane Matekane, pour discuter des perspectives offertes par la ZLECAf au secteur de l’habillement, premier employeur privé du royaume.

Les échanges ont porté sur la mise en relation des fabricants avec des acheteurs et des distributeurs africains, le soutien aux entreprises et aux travailleurs, ainsi que l’investissement dans la production de fils et de tissus sur le continent. Pour le Lesotho, dont l’industrie textile occupe une place importante dans les exportations et les moyens de subsistance, l’accès à de nouveaux marchés africains pourrait contribuer à diversifier les débouchés.

Casimir Vodjo Kpenou
LIRE LA BIO
Vodjo Kpenou Casimir est un journaliste béninois basé à Cotonou, titulaire d'une licence en journalisme de l'Institut Universitaire Panafricain de Porto-Novo (2019). Il a forgé son expérience dans des rédactions web africaines. Engagé dans la lutte contre la désinformation, il est membre actif de l'African Fact-Checking Alliance et contributeur au réseau Wikipédia pour l'Afrique francophone.
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