Zimbabwe : une élection entachée de soupçons de fraudes

Les Zimbabwéens sont appelés aux urnes, ce mercredi dans le cadre d’élections présidentielles, législatives et municipales. Une forte participation semble attendue. Une élection générale, opposant le parti de Robert Mugabe à celui de son Premier ministre, Morgan Tsvangirai, vraisemblablement entachée de fraudes, avant même l’ouverture du scrutin.

Quelque 6,4 millions d’électeurs zimbabwéens votent, ce mercredi, afin d’élire un nouveau Président. A cette occasion, les Zimbabwéens se sont rués en masse devant les bureaux de vote, avant même l’ouverture du scrutin, prévue à 07h00, souhaitant un retour à la paix et à la prospérité Une élection attendue par la population , qui se fait sur fond de soupçons de fraudes.

Une élection frauduleuse ?

La veille du scrutin, le Premier ministre Morgan Tsvangirai a fait état d’irrégularités dans la composition des listes électorales. Une liste de noms d’électeurs fantômes a été remise aux observateurs de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) venus juger de la transparence du vote. Le ministre délégué auprès du Premier ministre, Jameson Timba, a par ailleurs déclaré avoir observé sur une liste des noms d’électeurs apparaissant en double, ayant les mêmes adresses, les mêmes dates de naissance, seul le numéro d’identification diffère. De son côté, le Président sortant, Robert Mugabe, interdit de séjour dans l’Union européenne depuis 2002 pour non-respect des droits de l’Homme, s’est opposé à la venue dans le pays d’observateurs de l’Union européenne. Mugabe nie par ailleurs en bloc toutes ces accusations de fraudes, déclarant : « Jamais! Nous ne faisons pas des choses pareilles. Nous n’avons pas triché. Ce n’est pas la première fois que nous votons ».

Retour de la paix et de la prospérité

Les Zimbabwéens ont le choix entre laisser au pouvoir Robert Mugabe ,89 ans, en place depuis l’indépendance de 1980, ou élire l’actuel Premier ministre, Morgan Tsvangirai, 61 ans, éternel rival malchanceux du chef de l’Etat. Les Zimbabwéens souhaitent avant tout un retour à la paix et à la prospérité dans un pays qui souffre d’une crise économique depuis 2000. « Tout ce qu’on veut, c’est un bon Zimbabwe, avec de l’électricité, de l’eau et des emplois. J’espère que ça va venir », dit Gamuchirai, une étudiante de 20 ans, de Chitungwiza, un faubourg de la capitale Harare. Elle vient de voter pour la première fois de sa vie et montre fièrement son index teint à l’encre violette indélébile, preuve de sa participation au scrutin. D’autres manifestent leur désir de voir fonctionner à nouveau l’économie, d’avoir un bon gouvernement.

Morgan Tsvangirai se dit confiant

Le Premier ministre zimbabwéen, Morgan Tsvangirai, s’est dit sûr qu’il remporterait une victoire écrasante lors des élections générales de ce mercredi face à son rival, le Président Robert Mugabe. M. Tsvangirai, qui votait dans le quartier de Mount Pleasant, à Harare, a prédit que son parti allait gagner. Morgan Tsvangirai est opposé à la Présidentielle au Président Robert Mugabe, au pouvoir depuis 33 ans et qui se présente pour la septième fois. Les deux hommes sont associés tant bien que mal depuis quatre ans dans un fragile gouvernement d’union nationale mis sur pied sous la pression des pays voisins, pour éviter une guerre civile à un Zimbabwe alors en pleine débâcle économique, après une campagne électorale particulièrement sanglante, en 2008. Pour éviter une guerre civile, M. Tsvangirai avait retiré sa candidature, laissant Robert Mugabe seul en lice pour le second tour. Puis il avait accepté en 2009 de cohabiter avec Mugabe, sous la pression de la Communauté internationale, pour mettre fin aux violences.

Cette élection va-t-elle sonner la fin de Robert Mugabe ou plutôt lui permettre de briguer un nouveau mandat à 89 ans? Wait and see!