Zimbabwe : Mugabe célèbre l’indépendance en éreintant les Britanniques et l’opposition

Alors que le Zimbabwe est en pleine crise électorale, vendredi, à l’occasion du 28ème anniversaire de l’indépendance, le Président Robert Mugabe a souligné son rôle dans la création de la démocratie actuellement en place, basée selon lui sur « le vote universel et le rejet des discriminations raciales». Lors de son discours, il n’a pas ménagé les Britanniques et l’opposition. Le chef de cette dernière, Morgan Tsvangirai, souhaite le départ du président sud-africain, Thabo Mbeki, en tant que médiateur.

« A bas les Britanniques ! A bas les voleurs qui veulent dépouiller notre pays ! », s’est exclamé le Président Zimbabwéen Robert Mugabe lors du discours prononcé aujourd’hui à Harare, la capitale Zimbabwéenne, à l’occasion du 28ème anniversaire de l’indépendance.

Après avoir remercié de leur présence les plus de 15 000 personnes venues l’entendre, celui qui s’est présenté comme le garant de la démocratie au Zimbabwe a rappelé l’importance de garder en mémoire l’histoire politique du pays, en particulier la lutte pour l’indépendance trop souvent oubliée selon lui. Le Président a estimé également que certains s’attelaient à détruire l’héritage de cette lutte.

Parmi les nombreuses attaques contre les Britannique, le président a soutenu que les anciens colons avaient « acheté » les récentes élections. Il a également affirmé que le parti de l’opposition voulait leur rouvrir les portes du pays et qu’il s’était « vendu » à eux.

Tsvangirai mécontent de la médiation sud africaine

Le chef de l’opposition, Morgan Tsvangirai, n’a pas participé aux festivités et a déclaré que c’était « le plus triste des anniversaires de l’indépendance ». Le leader du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) a également demandé, lors d’une interview donnée ce vendredi à la BBC, à Johannesburg, au président sud africain Thabo Mbeki de céder sa place de médiateur dans la crise électorale que traverse le Zimbabwe.

Il a critiqué l’Afrique du Sud pour son rôle jugé trop passif au début de la crise électorale, n’ayant réagi que très tardivement en demandant que les résultats soient rendus publiques ce jeudi seulement.

Dans cette même interview, M. Tsvangirai a affirmé que des négociations avaient eu lieu entre son parti, le MDC, et celui au pouvoir, le ZANU-PF. Ces tractations auraient eu pour objet la création d’un éventuel gouvernement comprenant des membres des deux partis avec, comme condition, l’absence de l’actuel président. Cependant aucun compromis n’a pu être trouvé car selon le chef de l’opposition : « d’autres membres du parti ont rejeté l’accord ».

On ne connaît toujours pas les résultats officiels des élections présidentielles tenues le 29 mars dernier. Cependant, l’opposition dit avoir remporté celles-ci. Le discours sur l’indépendance est la première allocution publique du président depuis qu’il est sous le feu des critiques internationales.

Aujourd’hui, un navire chinois ayant à son bord une cargaison d’armes et pour destination le Zimbabwe a été temporairement bloqué dans un port de Durban sur la côte sud africaine. Cependant les autorités portuaires ont donné leur accord pour que les armes soient livrées, et ce malgré les craintes que celles-ci soient utilisées pour réduire l’opposition zimbabwéenne au silence.

Le Zimbabwe est actuellement ravagé économiquement avec un taux de chômage au dessus de 80% et une hyperinflation rendant les produits de première nécessité inaccessibles pour une grande partie de la population.