Zimbabwe : Mugabe appelle ses opposants à se faire pendre!

Robert Mugabe n’a pas sa langue dans sa poche! Dans son premier discours depuis sa réélection, le Président a appelé ses opposants qui ont perdu à la présidentielle d’aller se faire pendre s’ils ne sont pas contents, assurant qu’il ne reviendra jamais sur sa victoire.

A 89 ans, Robert Mugabe n’a pas fini de provoquer ses détracteurs. Il ne les a pas raté dans son premier discours ce lundi depuis qu’il a été réélu le 31 juillet à la tête du pays. Contre toute attente, cette fois-ci le Président zimbabawéen a carrément appelé ses opposants qu’il a battu à la présidentielle à aller se faire pendre s’ils ne sont pas contents, soulignant qu’il ne reviendra jamais sur sa victoire. « Ceux qui sont choqués par la défaite peuvent aller se faire pendre s’ils le souhaitent. Nous ne reviendrons jamais sur notre victoire», a-t-il déclaré. Une victoire amplement contestée par le chef de file de l’opposition Morgan Tsvangirai qui dénonce des fraudes massives lors du scrutin. Comme à son habitude, Robert Mugabe fait la sourde oreille et campe sur ses positions.

Fraudes

De son côté, Morgan Tsvangirai qui a déposé recours vendredi dernier devant les tribunaux pour faire annuler le scrutin a affirmé que les listes électorales ont été manipulées par le camp du chef d’Etat. «Tout ce que je vois, c’est une nation endeuillée par l’audace de si peu de gens qui ont pu voler à tant d’autres», a déclaré lundi Morgan Tsvangirai, ex-Premier ministre, qui a dirigé le pays dans une cohabitation difficile avec Robert Mugabe. Selon lui, « les voleurs ont laissé un grand nombre de preuves sur les lieux du crime, comme nous allons le démontrer dans la pétition populaire que nous avons déposée la semaine dernière ». Un recours qui a peu de chance d’aboutir. En dehors des observateurs envoyés par les pays occidentaux, les observateurs africains dépêchés notamment par l’Union africaine ont noté que le scrutin s’était bien déroulé globalement.

En attendant Robert Mugabe savoure déjà sa réélection, se targuant d’avoir apporté la « démocratie sur un plateau. C’est à prendre ou à laisser, mais le peuple a fait un acte démocratique ».