Zimbabwe : le « Crocodile » prolonge son mandat jusqu’en 2030 après une réforme constitutionnelle controversée


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Zimbabwe : le "Crocodile" prolonge son mandat jusqu’en 2030 après une réforme constitutionnelle controversée
Emmerson Mnangagwa, Président du Zimbabwe

Au Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa consolide son pouvoir. Grâce à une réforme constitutionnelle controversée, le président prolonge son mandat jusqu’en 2030 et modifie en profondeur les règles du jeu politique, suscitant une vive contestation de l’opposition.

Emmerson Mnangagwa s’offre un nouveau délai à la tête du Zimbabwe. Le chef de l’État zimbabwéen a officiellement promulgué mardi 7 juillet une réforme constitutionnelle qui repousse la fin de son mandat de deux années supplémentaires. Le mandat présidentiel passe désormais de cinq à sept ans, ce qui permet au natif de Zvishavane de rester en fonction jusqu’en 2030.

L’annonce de cette nouvelle loi a été confirmée par Nick Mangwana, haut responsable du ministère de l’Information, qui a indiqué que le texte était désormais entré en vigueur. « Signé, scellé et promulgué, c’est désormais la loi », a-t-il déclaré dans un message publié sur le réseau social X.

Le choix du chef de l’État désormais entre les mains du Parlement

La réforme ne se limite pas à la durée du mandat présidentiel. Elle prévoit également une prolongation du mandat des parlementaires, également porté à sept ans. Surtout, elle introduit une modification dans le processus de désignation du président de la République en confiant au Parlement le pouvoir de choisir le chef de l’État. Une évolution qui met fin au principe de l’élection présidentielle au suffrage direct, en vigueur depuis 1987.

L’opposition dénonce un « coup d’État constitutionnel »

Toutefois, cette réforme ne fait pas l’unanimité à Harare. Dans l’opposition, la réforme suscite une levée de boucliers. Les opposants du président Mnangagwa accusent le pouvoir de vouloir verrouiller davantage le système politique et dénoncent ce qu’ils qualifient de « coup d’État constitutionnel ».

Pour l’opposition, cette réforme intervient dans un contexte où le Zanu-PF, parti au pouvoir depuis l’indépendance du Zimbabwe en 1980, domine largement les institutions. Elle estime que ces changements pourraient empêcher une véritable alternance politique dans ce pays d’Afrique australe riche en ressources naturelles.

Au pouvoir depuis 2017, Emmerson Mnangagwa avait succédé à Robert Mugabe après une intervention militaire ayant mis fin aux 37 années de règne de l’ancien président. Malgré les promesses initiales de réformes démocratiques et économiques, son gouvernement reste régulièrement critiqué par ses opposants pour la gestion du pluralisme politique et des libertés publiques.

Casimir Vodjo Kpenou
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Vodjo Kpenou Casimir est un journaliste béninois basé à Cotonou, titulaire d'une licence en journalisme de l'Institut Universitaire Panafricain de Porto-Novo (2019). Il a forgé son expérience dans des rédactions web africaines. Engagé dans la lutte contre la désinformation, il est membre actif de l'African Fact-Checking Alliance et contributeur au réseau Wikipédia pour l'Afrique francophone.
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