Zimbabwe: 5 dollars par cri lors de l’accouchement

Un hôpital zimbabwéen fait une déclaration aussi accablante qu’insolite. Les femmes enceintes écopent d’une amende de 5 dollars pour chaque cri poussé lors de l’accouchement.

Une nouvelle qui va attiser les foudres des féministes, et des instances internationales. Un hôpital zimbabwéen pénalise les femmes criardes lors de l’accouchement. 5 dollars par cri. Ce pays qui compte parmi les plus pauvres du continent africain, et qui connait un régime contesté depuis 33 ans, tous les moyens sont bons pour se remplir les poches au détriment de la population. La corruption dans ce pays n’a pas encore dit son dernier mot. Tout comme cette taxe qui ne dit pas son nom.

La taxe de la honte

L’hôpital fait crier les défenseurs des Droits de l’Homme et des féministes. C’est l’ONG Transparency international – une organisation non gouvernementale internationale ayant pour vocation la lutte contre la corruption des gouvernements et institutions gouvernementales mondiaux – qui est à l’origine de l’étude dont est tirée cette information. Au Zimbabwe, les futures mamans sont dans l’obligation de payer 5 dollars à chaque cri poussé lors de l’accouchement. Une taxe qui aurait pour objectif de limiter le nombre de cris des femmes qui accouchent. Dans ce pays où le revenu annuel moyen par habitant est de 150 dollars, et où les honoraires pour un accouchement peuvent atteindre les 50 dollars, cette taxe est honteuse et peut avoir des conséquences néfastes. A commencer par la santé, jusqu’aux portefeuilles de ces mamans qui vont devoir débourser près de la moitié de leur revenu annuel à chaque accouchement.
Selon Transparency international, au Zimbabwe, les femmes qui ne peuvent pas payer leurs factures lors de leur hospitalisation sont parfois détenues à l’hôpital avec des intérêts, jusqu’à ce que leurs familles payent l’addition. D’où le taux très élevé des mères zimbabwéennes qui accouchent à la maison. En moyenne, huit femmes meurent pendant l’accouchement, chaque jour au Zimbabwe, selon le rapport des Nations-Unies.

Cesser les « fausses alertes »

D’après les sources de l’enquête « étude sur la corruption » d’où est tiré le renseignement, l’hôpital dont on ne connaît toujours pas le nom, se justifie en affirmant que les éclats de voix déclenchent des fausses alertes qui coûtent cher à l’hôpital. Une excuses loin d’être crédible. Un racket sous prétexte sécuritaire.
Selon The Washington post, le Vice-président du Zimbabwe se serait emparé de l’affaire, mais à ce jour, aucune mesure n’a été prise. Transparency international dit ne rien attendre du gouvernement, plutôt une décision de l’hôpital de retirer cette taxe.