Zambie : une réforme constitutionnelle pour réélire le président

Les Zambiens devront se prononcer pour ou contre un troisième mandat présidentiel. L’actuel chef de l’Etat, M. Chiluba, ne se dit pourtant guère enthousiaste à l’idée de se porter candidat.

La Zambie étudie la possibilité d’une réforme constitutionnelle qui permettrait au président Frederick Chiluba de briguer un troisième mandat aux élections qui auront lieu cette année. La constitution actuelle porte le mandat présidentiel à cinq ans, renouvelable une seule fois. Si une telle option était retenue, elle mettrait – du moins provisoirement – un terme à une guerre de succession opposant Ben Mwila et Michael Sata, respectivement ministres de l’Energie et sans portefeuille.

Consultations à travers le pays

Au préalable, le gouvernement de M Chiluba rendu impopulaire pour une série de mesures d’austérité, aurait bien voulu tester le taux d’adhésion de cette réforme auprès des électeurs. La semaine dernière, le président de l’Organisation nationale d’éducation civique (NOCE), Mike Zulu, a annoncé que les Zambiens seraient  » bientôt  » amenés à se prononcer sur cette question par voie référendaire. Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, le président de la NOCE a fait savoir que ses enquêteurs, présents dans 73 districts du pays organiseraient une série de consultations pour tester la popularité d’un amendement constitutionnel, sans doute échafaudé depuis longtemps.

M. Chiluba a pourtant annoncé plusieurs fois qu’il voyait la fin de son mandat d’un bon oeil, affirmant même qu’il souhaitait se consacrer à la fondation pour les études démocratiques qui porte son nom. Dans une lettre du courrier des lecteurs, publiée par l’un des quotidiens locaux, un citoyen demandait hier que  » les ministres du MMD (Mouvement démocratique pour le multipartisme – parti de M. Chiluba) laissent le président se retirer. Ces gens veulent que Chiluba se représente pour conserver leurs postes (…). Messieurs les cadres du MMD, il y a des débats plus importants, comme la pauvreté, les enfants des rues, la dévaluation de notre monnaie. Ne gaspillons pas notre temps sur la candidature de M Chiluba « . Si telle est l’opinion de la majorité des Zambiens, les consultations de l’Organisation nationale d’éducation civique risqueraient fort de tourner court.