Zambie : le parti au pouvoir divisé sur la candidature du président

Une fronde vient d’éclater entre les cadres du parti au pouvoir, le Mouvement pour la Démocratie et le Multipartisme (MDD). Les hauts cadres provinciaux appellent à une modification de la constitution pour permettre au président Chiluba de se présenter une troisième fois. La base et une partie de l’élite urbaine du parti s’y refusent.

Le torchon brûle entre les cadres de la formation au pouvoir, le Movement for Multiparty Democracy (MMD). Des membres de ce parti de la région de Lusaka ont en effet voté une résolution rejetant les appels des autres militants en faveur d’une modification de la constitution qui permettrait à l’actuel président, Frederick Chiluba, de se présenter une troisième fois aux élections présidentielles de 2001.

Cette décision de la province de Lusaka vient s’opposer à une demande officielle des leaders des provinces de Copperbelt, de Luapula, de l’Est et du Centre, pressant les délégations régionales de désigner le chef de l’Etat comme candidat du MMD.

La province est pour… quoique

Une première, qui n’a pas été du goût de certains délégués, comme le ministre des Transports et de la Communication, Nkando Luo, et le vice-ministre de Lusaka, Sonny Mulenga, qui militent activement pour un changement de la constitution zambienne. Furieux, ils ont quitté la salle, refusant même que la question soit soumise à un vote. Les partisans de M. Chiluba, récemment nommés à la tête du district de Lusaka, mènent une campagne nationale afin de convaincre la population de soutenir une troisième candidature de l’actuel président.

Dans la province de Cooperbelt, une vingtaine de responsables politiques ont fait savoir qu’ils refusaient un nouveau mandat du président, arguant que  » la Constitution est une loi suprême que l’on ne doit pas modifier au gré des convenances « . Devant une telle résistance, des officiels du MMD ont demandé à ce que la question de l’amendement constitutionnel soit soumise à référendum.

L’opposition fait valoir que les caciques du MMD tiennent plus à cette troisième candidature de Chiluba (qui leur permettrait de conserver leurs pouvoirs locaux) que le président lui-même.