
Le défenseur marocain des droits humains Zakaria El Hamel, fondateur de Jeunesse pour la Paix et le Dialogue entre les Cultures, a été désigné lauréat du Prix international Nelson Mandela des droits de l’Homme en Italie. Une distinction qui consacre deux décennies d’engagement en faveur du dialogue interculturel et de l’éducation aux droits fondamentaux.
C’est une reconnaissance internationale pour un militant marocain de terrain. Zakaria El Hamel, fondateur et président de l’organisation Jeunesse pour la Paix et le Dialogue entre les Cultures, basée à Oujda, a été sélectionné comme lauréat de la deuxième édition du Prix international Nelson Mandela des droits de l’Homme, décerné dans le cadre du Peace, Freedom and Human Rights International Award en Italie.
Selon les organisateurs, cette distinction vient saluer son engagement en faveur du dialogue interculturel et de la sensibilisation des jeunes aux principes de la Déclaration universelle des droits de l’Homme. La cérémonie de remise du prix est annoncée pour septembre 2026 au château normand-souabe de Sannicandro di Bari, dans le sud de l’Italie.
Un parcours construit depuis Oujda
Zakaria El Hamel a fondé en 2005 Jeunesse pour la Paix et le Dialogue entre les Cultures à Oujda, après une formation en droit et des années d’engagement associatif à Berkane. Depuis près de vingt ans, son travail porte sur l’éducation aux droits humains comme outil de prévention des tensions sociales et religieuses. Ses campagnes ont notamment porté sur la vulgarisation des 30 articles de la Déclaration universelle des droits de l’Homme auprès des jeunes.
Un travail de proximité, souvent moins visible que les grands forums internationaux, mais ancré dans les écoles et les quartiers. Son parcours avait déjà été remarqué à l’étranger. En 2017, il avait reçu un prix humanitaire panafricain lié à la tolérance religieuse. En 2019, il avait figuré parmi les lauréats du Prix du Public pour la Paix. Plusieurs médias avaient également relayé son rôle dans un documentaire consacré au dialogue interconfessionnel au Maroc.
Une reconnaissance italienne à portée symbolique
Le prix annoncé en Italie porte le nom de Nelson Mandela, figure mondiale de la lutte contre l’apartheid et de la réconciliation. Il ne doit toutefois pas être confondu avec le prix Nelson Mandela des Nations unies, attribué tous les cinq ans par l’ONU. Il s’agit ici d’une distinction portée par le cadre italien du Peace, Freedom and Human Rights International Award. Les documents transmis autour de l’événement mentionnent également un soutien institutionnel de la Chambre des députés italienne sous la forme d’un « prix de représentation », accompagné d’une médaille d’argent au sceau du Parlement italien. Cet élément donne à la cérémonie une dimension officielle, sans en faire pour autant une distinction d’État.
Au-delà du symbole, cette récompense met en lumière un pan discret de la société civile marocaine : celui d’acteurs locaux qui travaillent sur le long terme à la promotion du dialogue et de la citoyenneté, dans un contexte international où les crispations identitaires se multiplient.




