Yannick Noah critique l’immigration choisie de Sarkozy

L’ancien tennisman franco-camerounais Yannick Noah a estimé lundi que la politique d’immigration choisie prônée par
le ministre français de l’Intérieur Nicolas Sarkozy traduit la volonté de « certaines personnes en place de draguer les électeurs quel que soit le prix à payer ».

« Il y a des gens de ma famille qui ne peuvent plus venir en France, qui ont du mal à avoir des papiers, qui sont renvoyés », a déclaré l’ancien champion de tennis, reconverti dans la musique, lors d’une rencontre avec la presse.

Yannick Noah s’est inquiété pour « les cousins, les mômes » qu’il faisait venir du Cameroun pour travailler comme professeurs de tennis parallèlement à leurs études dans les universités françaises.

« Je me sens touché parce que tout cela, c’est une partie de moi. Je suis entre les deux, alors je me sens aussi responsable », a-t-il ajouté.

Contre l’immigration choisie

Adoptée le 17 mai dernier par les députés français, la politique « d’immigration choisie » vise à permettre à la France d’accueillir les étrangers susceptibles d’apporter une contribution à son économie ou « à son rayonnement dans le monde ».

Le nouveau texte de loi prévoit la délivrance d’une carte de séjour « talents et compétences » d’une durée de trois ans renouvelable pour les travailleurs qualifiés alors qu’il rallonge de 12 à 18 mois le délai pour obtenir le regroupement familial.

La politique « d’immigration choisie » instaure en outre un contrôle plus strict pour le mariage entre un Français et un conjoint étranger tout en conditionnant l’obtention de la carte de résident valable dix ans à la maîtrise de la langue française.

Constatant la levée de boucliers suscitée par la nouvelle loi, Nicolas Sarkoy s’était rendu en fin de semaine dernière au Mali et au Bénin pour tenter d’expliquer les motivations réelles de cette nouvelle politique.