Xénophobie en Afrique du Sud : le Nigeria saisit la CEDEAO et l’Union africaine


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Xénophobie en Afrique du Sud : le Nigeria saisit la CEDEAO et l'Union africaine
Bola Tinubu, président du Nigeria

Dans un communiqué publié par le ministère des affaires étrangères, le Nigeria affirme avoir saisi les instances dirigeantes de la CEDEAO et de l’Union africaine au sujet des attaques xénophobes et afrophobes contre ses ressortissants en Afrique du Sud.

A l’instar du Ghana qui a déjà rapatrié plus de 1600 de ses ressortissants, le Nigeria poursuit le rapatriement de ses ressortissants victimes des actes xénophobes en Afrique du Sud. Le dernier groupe, composé de 17 adultes et de 16 mineurs, est arrivé à Abuja mercredi 16 septembre à bord d’un vol de South African Airways. Les personnes rapatriées ont été accueillies par des représentants du ministère nigérian des Affaires étrangères, de la Nigerians in Diaspora Commission (NiDCOM), de la National Agency for the Prohibition of Trafficking in Persons (NAPTIP) et d’autres services gouvernementaux.

Il s’agit de la 12e opération consulaire d’évacuation organisée depuis le début de l’exercice, le 10 juin. Selon les autorités nigérianes, 1 388 des 1 716 évacuations, soit environ 81 %, ont été entièrement financées par le gouvernement fédéral. Les billets du dernier groupe ont été pris en charge avec le soutien du Private Nigerian Group of Business Friends et de la Nigerian Lawyers Association in South Africa.

Abuja porte le dossier devant la CEDEAO et l’UA

Pour Abuja, les rapatriements ne sont toutefois qu’une réponse immédiate à une situation jugée préoccupante. Le ministère nigérian des Affaires étrangères affirme que les attaques xénophobes et afrophobes visant des Nigérians et d’autres ressortissants africains ont été officiellement portées devant l’Autorité des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO ainsi que devant l’Assemblée des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine.

Le dossier est sensible pour Abuja et Pretoria. Le Nigeria et l’Afrique du Sud entretiennent des relations importantes sur les plans économique, politique et diplomatique, mais les violences visant des ressortissants étrangers ont régulièrement créé des tensions entre les deux pays.

Ces derniers mois, des manifestations et des mouvements hostiles aux migrants ont été signalés en Afrique du Sud. Des étrangers font face à des accusations, dans un contexte marqué par des tensions économiques.

Le Ghana appelle à une mobilisation ouest-africaine contre l’Afrique du Sud

Le Nigeria n’est pas le seul pays qui multiplie l’évacuation de ses ressortissants en raison des violences xénophobes en Afrique du Sud. Plus de 1 600 Ghanéens ont été évacués d’Afrique du Sud depuis mai 2026. À leur arrivée au Ghana, les personnes rapatriées bénéficient de fonds de réintégration, de frais de transport et d’autres aides destinées à faciliter leur retour dans leurs communautés.

Le Ghana avait également appelé à une mobilisation ouest-africaine contre l’Afrique du Sud. La question sur les violences xénophobes en Afrique du Sud est d’ailleurs inscrite à l’ordre du jour du prochain Sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine.

Casimir Vodjo Kpenou
LIRE LA BIO
Vodjo Kpenou Casimir est un journaliste béninois basé à Cotonou, titulaire d'une licence en journalisme de l'Institut Universitaire Panafricain de Porto-Novo (2019). Il a forgé son expérience dans des rédactions web africaines. Engagé dans la lutte contre la désinformation, il est membre actif de l'African Fact-Checking Alliance et contributeur au réseau Wikipédia pour l'Afrique francophone.
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