Viols d’enfants en Centrafrique : quatre soldats français auditionnés à Paris

Quatre soldats français ont été auditionnés à Paris, ce mardi, dans le cadre de l’enquête sur les viols d’enfants en Centrafrique.

L’affaire a l’effet d’une bombe. Quatre militaires français ont été entendus, ce mardi 8 décembre 2015, à Paris, dans l’enquête sur les soupçons de viols d’enfants lors d’un déploiement en Centrafrique. Il n’a pas été précisé dans l’immédiat si les quatre hommes étaient auditionnés dans le cadre d’une garde à vue ou en tant que témoins. En tout, c’est 14 militaires français qui ont été accusés de viols par six enfants de neuf à treize ans. Selon ces enfants, les faits se seraient déroulés entre fin 2013 et début juin 2014. Parmi les accusés, quatre soldats ont donc été identifiés.

Cette affaire, qui embarrasse Paris, remonterait à juillet 2014. Date à laquelle le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, en a été informé. Il avait alors saisi la justice française et lancé une enquête interne, mais sans dévoiler l’affaire. Un silence qui lui a été reproché lorsque le scandale a éclaté, fin avril 2015, dans les colonnes du quotidien britannique The Guardian. La justice centrafricaine avait aussi protesté contre le fait de ne pas avoir été informée de l’affaire. Jean-Yves Le Drian avait finalement été contraint de donner son feu vert pour que l’enquête interne de l’armée soit déclassifiée et transmise à la justice.

Ce n’est pas le seul scandale qui éclabousse les troupes françaises déployées en Afrique. Au Burkina Faso aussi, deux soldats français ont aussi été accusés d’agression sexuelle sur deux fillettes de trois et cinq ans. Une vidéo a même révélé les attouchements qu’ils ont effectués sur ces fillettes. Paris a été contraint de les rapatrier illico et de les placer en garde à vue. L’un des soldats accusé a même été mis en examen.

Le Président français, François Hollande, avait estimé l’affaire très grave, soulignant toutefois qu’elle n’était pas comparable aux actes de viols sur mineures imputés aux soldats français en Centrafrique.