Violences sexuelles en temps de guerre : à l’ONU, le Royaume-Uni sonne l’alarme et réclame la fin de l’impunité


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drapeau de l'ONU
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Les violences sexuelles commises dans les conflits armés atteignent un niveau inédit ces dernières années. Face à cette situation, le Royaume-Uni a lancé un appel pressant devant le Conseil de sécurité des Nations unies pour que les auteurs de ces crimes soient enfin traduits en justice. Au cœur des préoccupations figure la République démocratique du Congo, où les femmes et les jeunes filles continuent de subir les conséquences d’une insécurité chronique dans les provinces de l’est.

Les chiffres présentés aux Nations unies donnent la mesure de la crise. En un an, les violences sexuelles liées aux conflits ont plus que doublé dans le monde. Cette hausse spectaculaire reflète des milliers de femmes et d’enfants victimes de viols, d’esclavage sexuel, de mariages forcés et d’autres exactions utilisées comme armes de guerre.

Réuni le 8 juillet à New York, le Conseil de sécurité a consacré une séance à la protection des survivantes et survivants de ces crimes. Présidée par la Première ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, la réunion a été marquée par l’intervention de Pramila Patten, représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU chargée de la question. Elle a alerté sur une progression sans précédent de ces violences dans plusieurs zones de conflit, où le non-respect du droit international humanitaire favorise les abus contre les populations civiles.

Londres appelle à traduire les responsables en justice

Au nom du Royaume-Uni, l’ambassadrice adjointe auprès des Nations unies, Kate Foster, a dénoncé une situation qu’elle juge inacceptable. Selon elle, les violences sexuelles en période de conflit sont des crimes qui peuvent être prévenus, documentés et poursuivis.

La diplomate britannique a salué le travail des Nations unies dans la collecte des preuves, un travail essentiel pour établir les responsabilités et soutenir les procédures judiciaires. Mais elle a surtout insisté sur un constat préoccupant : dans la majorité des cas, les auteurs de ces crimes ne sont jamais inquiétés. Pour Londres, cette impunité nourrit un cercle vicieux. En laissant les responsables échapper à la justice, les victimes sont privées de réparation et les violences se répètent d’un conflit à l’autre.

La RDC au cœur des préoccupations

Les discussions ont trouvé un écho particulier en RDC, où les violences sexuelles demeurent l’une des manifestations les plus dramatiques du conflit qui ravage l’est du pays. Dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, les organisations humanitaires continuent de signaler des viols, des enlèvements et des actes de torture imputés à plusieurs groupes armés. Les autorités congolaises accusent également la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, d’alimenter cette crise humanitaire.

Malgré les efforts diplomatiques engagés ces derniers mois, les combats entre les groupes armés et les FARDC persistent dans plusieurs zones. Ce conexte expose les populations civiles à des violences répétées, dont les femmes et les enfants restent les premières victimes.

Reconstruire les vies brisées

Le Royaume-Uni estime que la justice, à elle seule, ne suffira pas. Les survivantes et survivants doivent pouvoir accéder à des soins médicaux, à un accompagnement psychologique, à une assistance juridique et à des programmes de réinsertion. Londres met en avant son Initiative pour la prévention des violences sexuelles en période de conflit, lancée il y a plus d’une décennie. Selon les autorités britanniques, ce programme a permis d’apporter une aide à plus de 55 000 survivantes et survivants au cours de la dernière année.

Au-delà des engagements diplomatiques, les Nations unies rappellent qu’aucune paix durable n’est possible si les victimes restent abandonnées et si les auteurs continuent d’échapper à leurs responsabilités. Pour la communauté internationale, l’enjeu est désormais de transformer les déclarations de principe en actions concrètes afin que les violences sexuelles cessent d’être une arme de guerre utilisée dans l’indifférence.

Serge Ouitona
Serge Ouitona, historien, journaliste et spécialiste des questions socio-politiques et économiques en Afrique subsaharienne.
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