Violation du consulat général algérien à Casablanca

L’ambassadeur du Maroc fait part des regrets de son gouvernement. Le consulat d’Algérie à Casablanca a été pris d’assaut, le vendredi 1er novembre par un groupe de jeunes en furie. Une scène marquée par l’intrusion d’un individu dans le consulat algérien avant d’arracher le drapeau de ce pays. Ce qui a donné naissance à une vive colère en Algérie.

(De notre correspondant à Alger)

Le consulat d’Algérie à Casablanca a été pris d’assaut, le vendredi 1er novembre par un groupe de jeunes en furie. Une scène marquée par l’arrachage de l’emblème algérien, entraînant une vive colère en Algérie.

Immédiatement après sa reprise de fonctions, après être rappelé par son gouvernement pour consultations, l’ambassadeur du Maroc en Algérie a eu à s’expliquer, ce dimanche, avec les responsables du ministère algérien des affaires étrangères. Bien entendu, cela portait sur la violation du Consulat général d’Algérie à Casablanca et la profanation de l’emblème national, qualifiées d’« actes inadmissibles ». La conférence d’Abuja de la quelle découle la décision de mettre en place un mécanisme de protection des droits de l’Homme au Sahara occidental et qui a fait l’objet d’un consensus entre les participants en est la principale motivation. L’ambassadeur du Royaume du Maroc en Algérie, Abdallah Belkaziz, tenu d’expliquer de façon circonstanciée cet acte jugé « inacceptable » par le gouvernement algérien, a fait son mea-culpa. La coïncidence de ce « dérapage » avec la célébration du déclenchement de la Révolution du 1er novembre a fait sortir de ses gonds plus d’un en Algérie. Le diplomate marocain accrédité à Alger a exprimé les regrets de son gouvernement non sans reconnaître l’inadmissibilité de l’acte mais la vox populi s’indigne toujours dans la rue algérienne.

« Ce qui s’est produit ce vendredi à Casablanca contre notre représentation diplomatique rappelle les événements de 1994 quand les Algériens établis au royaume et ceux qui s’y rendaient pour des vacances étaient considérés comme persona non grata et étaient exposés à la vendetta populaire », nous fait remarquer Amokrane Abed, étudiant de son état. Le déchaînement de la foule sur le bâtiment faisant office de consulat est en violation de l’Article 31 de la Convention de Vienne sur les relations consulaires. Surtout sur l’obligation spéciale de prendre les mesures nécessaires pour protéger les locaux consulaires et empêcher qu’ils ne soient violés. Ce qui a donné la force de l’argument aux autorités algériennes de charger leurs homologues marocains de toute la responsabilité dans la création du climat de tension. Le déchaînement des manifestants hostiles à l’Algérie au royaume du Maroc, même considéré comme « acte isolé » de l’autre côté des frontières algériennes, est une version difficile à valider pour Alger. L’Algérie n’accorde pas de crédit à la thèse de l’incident isolé. Chose que les responsables du ministère des affaires étrangères auraient rappelé à Abdallah Belkaziz, en poste dans la capitale algérienne.

Cela dénote de l’obligation de veiller au respect des symboles de l’Etat algérien au royaume chérifien. L’appel insistant d’Alger à la création d’un mécanisme de protection des droits de l’Homme au Sahara occidental reformulé aussi par les intervenants à la conférence d’Abuja (Nigeria) est considéré par les observateurs en Algérie comme un facteur déclenchant des hostilités de la rue marocaine. Rappelons que dans un message lu en son nom par le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Tayeb Louh, le Président Bouteflika, a jugé « plus que jamais d’actualité » la nécessité de mettre en place un mécanisme de suivi et de surveillance des droits de l’Homme au Sahara occidental qui lutte pour son indépendance depuis près de 40 ans. Ce qui est loin d’être du goût de la partie marocaine qui considère « provocateurs » ces agissements.